TEXTES DES CONGRÉGATIONS ROMAINES

Eucharisticum Mysterium: "Sur le culte du Mystère Eucharistique", Congrégation de la Liturgie, 1967

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"Le Prêtre, Guide et Pasteur de la Communauté paroissiale", Congrégation du Clergé, 2002

11. Rester dans une attitude d'adoration face au Bon Pasteur présent dans le Saint-Sacrement de l'autel, pour s'entretenir intimement avec lui, constitue une priorité pastorale de loin supérieure à toute autre. Le prêtre qui est guide d'une communauté doit mettre en place cette priorité, afin de se prémunir contre l'aridité intérieure, et pour ne pas devenir un canal asséché, qui ne pourrait plus rien transmettre à personne.

 

C'est la spiritualité qui s'avère décidément l'œuvre pastorale la plus importante. Tout plan pastoral, ou projet missionnaire, de même que n'importe quel dynamisme dans l'évangélisation, qui feraient abstraction du primat de la spiritualité et du culte divin, seraient voués à l'échec.

 

21. Quant aux moyens ordinaires de sanctification, le can. 528 établit que le curé doit particulièrement s'efforcer de faire en sorte que la Très Sainte Eucharistie constitue bien le centre de la communauté paroissiale, et que tous les fidèles puissent parvenir à la plénitude de la vie chrétienne grâce à une participation consciente et active à la sainte Liturgie, à la célébration des sacrements, à la vie d'oraison et aux bonnes œuvres.

 

Le fait que le Code mentionne la réception fréquente de l'Eucharistie et la pratique tout aussi fréquente du sacrement de Pénitence, mérite une considération particulière. Cela suggère qu'il est opportun pour le curé, en établissant les horaires des messes et des confessions dans la paroisse, de considérer quels sont les moments les plus adéquats pour la majorité des fidèles, permettant aussi à ceux qui ont des difficultés particulières d'horaires de s'approcher aisément des sacrements. Les curés devront réserver un soin tout particulier à la confession individuelle dans l'esprit et dans la forme établie par l'Église.89 Ils doivent également se rappeler qu'elle précède nécessairement la première communion des enfants.90 Il faut aussi avoir présent à l'esprit que, pour des motifs pastoraux évidents, afin d'aider les fidèles, les confessions individuelles peuvent être entendues durant la célébration de la messe.91

 

En outre, il faudra s'employer à " respecter la sensibilité du pénitent concernant le choix de la modalité de la confession, à savoir face à face ou à travers la grille du confessionnal ".92 Le confesseur peut, lui aussi, avoir des raisons pastorales pour préférer l'usage du confessionnal muni d'une grille.93

 

Il faudra également favoriser au maximum la pratique de la visite au Saint-Sacrement, en disposant et en établissant, de manière fixe, de laisser l'Église ouverte le plus longtemps possible. Beaucoup de curés, de manière très louable, encouragent l'adoration grâce à l'exposition solennelle du Saint-Sacrement et à la bénédiction eucharistique; et ils font l'expérience des fruits de l'adoration au niveau de la vitalité de la paroisse.

 

La Très Sainte Eucharistie est conservée avec amour dans le tabernacle " comme le cœur spirituel de la communauté religieuse et paroissiale ".94 " Privée du culte eucharistique, comme de son cœur battant, la paroisse devient sans vie ".95 " Si vous voulez que les fidèles prient avec dévotion – disait Pie XII au clergé de Rome – donnez-leur vous-même d'abord l'exemple, à l'église, faisant oraison en leur présence. Un prêtre agenouillé devant le tabernacle, dans une pose digne et dans un profond recueillement, est pour le peuple un sujet d'édification, un avertissement et une invitation à l'émulation dans la prière ".96

 

 

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Synode des évêques, L'Eucharistie : source et sommet de la vie et de la mission de l'Église, Vatican 2004)

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Instruction Redemptionis Sacramentum "Sur certaines choses à observer et à éviter concernant la Très Sainte Eucharistie", Congrégation de la Liturgie, mars 2004

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Année de l'Eucharistie, Suggestions et Propositions, Congrégation de la Liturgie, octobre 2004

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L'adoration perpétuelle pour la sanctification du clergé, Congrégation du Clergé, déc 2007

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Excellence Révérendissime,

 

Il y a vraiment tant à faire pour le véritable bien du clergé et pour la fécondité du ministère pastoral dans les circonstances actuelles. Mais c’est bien pour ce motif que, gardant la ferme résolution de relever ces défis sans éluder les difficultés ni les efforts nécessaires, bien conscients que l’agir est une conséquence de l’être et que l’âme de tout apostolat est l’intimité divine, nous désirons partir d’un mouvement spirituel qui, faisant prendre toujours plus conscience du lien ontologique entre l’Eucharistie et le sacerdoce ainsi que de la maternité spéciale de Marie vis-à-vis de tous les prêtres, donne naissance à une chaîne d’adoration perpétuelle pour la sanctification des clercs, et lance un mouvement d’engagement des âmes féminines consacrées pour qu’elles veuillent bien, à l’image de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère du Grand Prêtre éternel et Associée à son œuvre de rédemption, adopter spirituellement des prêtres, pour les aider à travers l’offrande de leur personne, l’oraison et la pénitence. L’adoration comprend toujours l’acte de réparation pour ses propres fautes et, dans les circonstances actuelles, l’on suggère d’inclure une intention particulière en ce sens.

 

Selon les données constantes de la Tradition, le mystère et la réalité de l’Église ne se réduisent pas à la structure hiérarchique, à la liturgie, aux sacrements et aux dispositions juridiques. En effet, la nature intime de l’Église et l’origine première de son efficacité sanctificatrice doivent être recherchées dans l’union mystique avec le Christ.

 

Selon la doctrine et la structure même de la constitution dogmatique Lumen Gentium, une telle union ne peut être conçue comme séparée de celle qui est la Mère du Verbe Incarné et que Jésus a voulue intimement unie à Lui pour le salut de tout le genre humain.

 

Ce n’est donc pas un hasard si le jour même où la constitution dogmatique sur l’Église était promulguée – le 21 novembre 1964 –, Paul VI proclamait Marie « Mère de l’Église », c’est-à-dire mère de tous les fidèles et de tous les pasteurs.

 

Et le concile Vatican II – à propos de la Bienheureuse Vierge Marie – s’exprime ainsi : « En concevant le Christ, en l’enfantant, le nourrissant, le présentant au Père dans le temple, en souffrant avec son Fils mourant sur la croix, elle a coopéré d’une manière toute spéciale par son obéissance, sa foi, son espérance et son ardente charité, à l’œuvre du Sauveur de restaurer la vie surnaturelle dans les âmes. Voilà pourquoi elle fut pour nous la mère dans l’ordre de la grâce » (LG n° 61).

 

Sans rien ajouter ni retrancher à l’unique médiation du Christ, la toujours Vierge est reconnue et invoquée, dans l’Église, avec les titres d’Avocate, d’Auxiliatrice, de Secours, de Médiatrice; elle est le modèle de l’amour maternel qui doit animer tous ceux qui coopèrent, à travers la mission apostolique de l’Église, à la régénération de l’humanité tout entière (cf. LG n° 65).

 

A la lumière de ces enseignements, qui font partie de l’ecclésiologie du concile Vatican II, les fidèles, en tournant leur regard vers Marie – exemple resplendissant de toute vertu –, sont appelés à imiter la première disciple, la mère, à laquelle, en la personne de Jean – au pied de la croix (cf. Jn 19, 25-27) – chaque disciple a été confié ; ainsi, en devenant ses enfants, ils apprennent d’elle le véritable sens de la vie en Christ.

 

C’est ainsi – et précisément à partir de la place occupée et du rôle joué par la Vierge très sainte dans l’histoire du salut – que l’on entend confier de manière toute particulière à Marie, la Mère du Grand Prêtre éternel, tous les prêtres et susciter dans l’Église un mouvement de prière centré sur l’adoration eucharistique continuée dans le cours des vingt-quatre heures, afin que de partout dans le monde une prière d’adoration, d’action de grâces, de louange, de demande et de réparation s’élève toujours et sans cesse vers Dieu, dans le but principal de susciter un nombre suffisant de saintes vocations à l’ordre sacerdotal et, en même temps, d’accompagner spirituellement – au niveau du Corps Mystique –, dans une sorte de maternité spirituelle, ceux qui ont déjà été appelés au sacerdoce ministériel et qui sont ontologiquement conformés à l’unique Grand Prêtre éternel, afin qu’ils Le servent toujours mieux, ainsi que leurs frères, comme ceux qui sont à la fois « dans » l’Église mais aussi « face » à l’Église à la place du Christ, le représentant comme tête, pasteur et époux de l’Église (cf. PdV n° 16).

 

Il est donc demandé à tous les ordinaires diocésains qui ressentent particulièrement la spécificité et le caractère irremplaçable du ministère ordonné dans la vie de l’Église, ainsi que l’urgence d’une action commune en faveur du sacerdoce ministériel, de prendre part activement à la promotion – auprès des différentes portions du peuple de Dieu qui leur sont confiées – de véritables cénacles où les membres du clergé, les religieux et les laïcs se consacrent, unis entre eux et dans un véritable esprit de communion, à la prière, sous la forme de l’adoration eucharistique continuée, également dans un esprit de réparation et de purification réelles et authentiques. Au besoin un opuscule est annexé, destiné à mieux faire comprendre quel est le caractère de cette initiative, pour adhérer en esprit de foi au projet présenté ici.

 

Que Marie, Mère de l’unique Grand Prêtre éternel, bénisse la présente initiative et intercède auprès de Dieu en demandant un authentique renouvellement de la vie sacerdotale à partir de l’unique modèle possible : Jésus Christ, le Bon Pasteur !

 

Je vous présente cordialement mes respects dans le lien de la communio ecclésiale, avec des sentiments d’intense affection collégiale. 

                                          Cláudio Card. Hummes

         Préfet

X Mauro Piacenza                                                            Secrétaire

Du Vatican, 8 décembre 2007

Solennité de l’Immaculée Conception de la B.V. Marie

Cf. Note explicative de la Congrégation du Clergé 

Des Sanctuaires Eucharistiques, note explicative, Congrégation du Clergé, déc 2007

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Note explicative pour augmenter dans les diocèses

(paroisses, rectorats, chapelles, monastères, couvents, séminaires)

la pratique de l’adoration eucharistique continuée[1]

à l’intention de tous les prêtres et des vocations sacerdotales

 

Dans son Exhortation apostolique « Sacramentum Caritatis », notre Saint-Père le pape Benoît XVI a concrétisé le pérenne enseignement de l’Église sur le caractère central de l’adoration eucharistique dans la vie ecclésiale, à travers un appel concernant l’adoration perpétuelle, adressé à tous les pasteurs, évêques et prêtres, et au peuple de Dieu : « Avec l’assemblée synodale, je recommande donc vivement aux Pasteurs de l’Église et au peuple de Dieu la pratique de l’adoration eucharistique, qu’elle soit personnelle ou communautaire. (194) À ce propos, une catéchèse adaptée, dans laquelle on explique aux fidèles l’importance de cet acte de culte qui permet de vivre plus profondément et avec davantage de fruit la célébration liturgique elle-même, sera d’un grand profit. Ensuite, dans les limites du possible, surtout dans les zones les plus peuplées, il conviendra de choisir des églises ou des oratoires pour les réserver tout spécialement à l’adoration perpétuelle. En outre, je recommande que dans la formation catéchétique, en particulier dans les parcours de préparation à la Première Communion, les enfants soient conduits au sens et à la beauté du fait de se tenir en compagnie de Jésus, en cultivant la stupeur pour sa présence dans l’Eucharistie. » (Sacramentum Caritatis, n° 67)

Pour favoriser l’appel du Saint-Père, la Congrégation pour le Clergé, dans sa sollicitude envers les prêtres, propose que :

 

1.      chaque diocèse donne mandat à un prêtre de se consacrer à plein temps – dans la mesure du possible – au ministère spécifique de la promotion de l’adoration eucharistique et à la coordination dans le diocèse de cet important service. En se dévouant généreusement à un tel ministère, il aura lui-même la possibilité de vivre cette dimension particulière de vie liturgique, théologique, spirituelle et pastorale, si possible en un lieu spécialement réservé à cet effet, choisi par son évêque, et où les fidèles pourront bénéficier de l’adoration eucharistique perpétuelle. De même qu’il existe des sanctuaires mariaux, avec des recteurs préposés à un ministère particulier adapté aux exigences spécifiques, il pourra y avoir des sortes de « sanctuaires eucharistiques » avec des prêtres responsables, qui rayonnent et promeuvent l’amour spécial de l’Église pour la Très sainte Eucharistie, dignement célébrée et continuellement adorée. Un tel ministère, à l’intérieur du presbytérium, rappellera à tous les prêtres diocésains, comme l’a dit Benoît XVI, que « c’est précisément dans l’Eucharistie que réside le secret de leur sanctification (…) le prêtre doit être avant tout un adorateur et un contemplatif de l’Eucharistie » (Angélus du 18 septembre 2005) ;

 

2.      l’on détermine des lieux spécifiques à réserver à l’adoration eucharistique continuée. Dans ce but, les curés, recteurs et aumôniers sont encouragés à introduire dans leurs communautés la pratique de l’adoration eucharistique tant personnelle que communautaire, selon les possibilités de chacun et dans un effort collectif de développement de la vie de prière. On ne négligera pas d’impliquer dans cette pratique toutes les forces vives, à commencer par les enfants qui se préparent à la première communion ;

 

3.      les diocèses intéressés par un tel projet pourront rechercher des aides appropriées pour organiser l’adoration eucharistique continuée au séminaire, dans les paroisses, les rectorats, les oratoires, les sanctuaires, les monastères, les couvents. La Providence divine ne manquera pas de susciter des bienfaiteurs qui contribuent à la réalisation de ce projet de renouveau eucharistique des Églises particulières, comme par exemple à travers la construction ou l’adaptation d’un lieu de culte pour l’adoration, à l’intérieur d’un grand édifice de culte ; l’achat d’un ostensoir solennel ou d’un noble ornement liturgique ; la subvention de matériel liturgique, pastoral et spirituel destiné à l’adoration ;

 

4.      les initiatives destinées au clergé local, surtout celles qui sont relatives à sa formation permanente, devront toujours être imprégnées d’un climat eucharistique ; il sera justement favorisé par un temps notable consacré à l’adoration du Saint-Sacrement, de manière que celle-ci devienne, avec la messe, la force motrice de tout engagement individuel et communautaire ;

 

5.      les modalités de l’adoration eucharistique dans les différents lieux pourront être variées, selon les possibilités concrètes. Par exemple :

 

  • adoration eucharistique perpétuelle au cours des 24 heures ;
  • adoration eucharistique continuée, des premières heures du matin jusqu’au soir ;
  • adoration eucharistique de  … h à … h pour chaque jour ;
  • adoration eucharistique de  … h à … h pour un ou plusieurs jours par semaine ;
  • adoration eucharistique pour des circonstances particulières telles que fêtes ou anniversaires.

 

La Congrégation pour le Clergé exprime toute sa gratitude aux Ordinaires qui voudront bien être les animateurs d’un tel projet, qui ne manquera pas d’apporter un renouveau spirituel au clergé et au peuple de Dieu de leurs Églises particulières.

 

Afin de pouvoir suivre de près le développement de ce que désire le Saint-Père, les ordinaires intéressés par cette initiative sont priés de signaler au présent dicastère les développements de l’adoration eucharistique continuée, dans leurs diocèses, en précisant surtout quels prêtres et lieux ont été impliqués dans cet important apostolat eucharistique.

 

La Congrégation pour le Clergé ne manquera pas, là où c’est requis, d’apporter d’éventuels éclaircissements en la matière.

  

Du Vatican, le 8 décembre 2007

Solennité de l’Immaculée Conception de Marie



[1] Par « adoration eucharistique continuée » on entend non seulement l’adoration ininterrompue, 24 heures sur 24, mais aussi l’adoration continuée du matin au soir. Cette dernière, en effet, sera davantage à la portée des prêtres et des fidèles de petites communautés. Bien évidemment, là où le nombre des fidèles est plus élevé et où il y a une effective disponibilité, on pourra étudier la possibilité de parvenir à maintenir sans interruption l’exposition de l’Eucharistie.

Liens entre la Messe et l'Adoration (différentes sources)

Messe et Adoration

 

Objection : un certain nombre de personnes ne voient pas le lien entre la messe et l’adoration et pensent que l’adoration risque de détourner les fidèles de la messe. Voilà quelques extraits du magistère...

 

"L'Assemblée des Évêques a voulu attirer l'attention sur l'importance de la relation intrinsèque entre célébration eucharistique et adoration. Dans cet aspect significatif de la foi de l'Église, se trouve l'un des éléments décisifs du chemin ecclésial, réalisé après la réforme liturgique voulue par le Concile Vatican II. Alors que la réforme accomplissait ses premiers pas, le rapport intrinsèque entre la Messe et l'adoration du Saint-Sacrement ne fut parfois pas assez clairement perçu. Une objection alors diffuse se faisait jour, par exemple, dans l'affirmation selon laquelle le Pain eucharistique ne nous serait pas donné pour être contemplé, mais pour être mangé. En réalité, à la lumière de l'expérience de prière de l'Église, une telle opposition se révélait privée de tout fondement. Déjà saint Augustin avait dit: « nemo autem illam carnem manducat, nisi prius adoraverit;... peccemus non adorando – Que personne ne mange cette chair sans d'abord l'adorer;... nous pécherions si nous ne l'adorions pas ». Dans l'Eucharistie, en effet, le Fils de Dieu vient à notre rencontre et désire s'unir à nous; l'adoration eucharistique n'est rien d'autre que le développement explicite de la célébration eucharistique, qui est en elle-même le plus grand acte d'adoration de l'Église. Recevoir l'Eucharistie signifie se mettre en attitude d'adoration envers Celui que nous recevons. C'est ainsi, et seulement ainsi, que nous devenons un seul être avec Lui et que nous goûtons par avance, d'une certaine façon, la beauté de la liturgie céleste. L'acte d'adoration en dehors de la Messe prolonge et intensifie ce qui est réalisé durant la Célébration liturgique elle-même. En fait, « ce n'est que dans l'adoration que peut mûrir un accueil profond et vrai. Et c'est bien par cet acte personnel de rencontre avec le Seigneur que mûrit ensuite la mission sociale qui est renfermée dans l'Eucharistie et qui veut briser les barrières non seulement entre le Seigneur et nous, mais aussi et surtout les barrières qui nous séparent les uns des autres". (Benoît XVI, Sacramentum Caritatis, 66)

 

"L'adoration est une prière qui prolonge la célébration et la communion eucharistique et dans laquelle l'âme continue à se nourrir: elle se nourrit d'amour, de vérité, de paix; elle se nourrit d'espérance, parce que Celui devant lequel nous nous prosternons ne nous juge pas, ne nous écrase pas, mais nous libère et nous transforme" (Benoît XVI, homélie Fête-Dieu, 2008)

 

Le mystère eucharistique – sacrifice, banquet, présence – n'admet ni réduction ni manipulation; il doit être vécu dans son intégrité, que ce soit dans l'acte de la célébration ou dans l'intime échange avec Jésus que l'on vient de recevoir dans la communion, ou encore dans le temps de prière et d'adoration eucharistique en dehors de la Messe… (Jean-Paul II, Ecclesia de Eucharistia, 61)

 

"Il convient tout particulièrement, aussi bien dans la célébration de la Messe que dans le culte eucharistique hors de la Messe, de développer une vive conscience de la présence réelle du Christ, en prenant soin d’en témoigner par le ton de la voix, par les gestes, par les mouvements, par le comportement tout entier. À cet égard, les normes rappellent - et j’ai eu moi-même l’occasion de le rappeler récemment - l’attention qui doit être portée aux moments de silence dans la célébration comme dans l’adoration eucharistique. En un mot, il est nécessaire que les ministres et les fidèles traitent l’Eucharistie avec un très grand respect. La présence de Jésus dans le tabernacle doit constituer comme un pôle d’attraction pour un nombre toujours plus grand d’âmes pleines d’amour pour lui et capables de rester longuement à écouter sa voix et à entendre presque les battements de son cœur. «Goûtez et voyez : le Seigneur est bon!» (Ps 33 [34], 9). En cette année, puisse l’adoration eucharistique en dehors de la Messe, constituer un souci tout spécial des communautés paroissiales et religieuses ! Restons longuement prosternés devant Jésus présent dans l’Eucharistie, réparant ainsi par notre foi et notre amour les négligences, les oublis et même les outrages que notre Sauveur doit subir dans de nombreuses parties du monde. Dans l’adoration, puissions-nous approfondir notre contemplation personnelle et communautaire, en nous servant aussi de textes de prière toujours imprégnés par la Parole de Dieu et par l’expérience de nombreux mystiques anciens ou plus récents! Le Rosaire lui-même, entendu dans son sens le plus profond, biblique et christocentrique, que j’ai recommandé dans la Lettre apostolique Rosarium Virginis Mariæ, pourra être une voie particulièrement adaptée à la contemplation eucharistique, réalisée en compagnie de Marie et à son école." (Mane Nobiscum Domine, 18, Jean-Paul II, 2004) 

 

"Un tel culte qui s’adresse par conséquent à la Trinité du Père, du Fils et de l’Esprit Saint, accompagne et pénètre avant tout la célébration de la liturgie eucharistique. Mais il doit aussi remplir nos sanctuaires même hors des heures de messe. Puisque le mystère eucharistique a été institué par amour et qu’il nous rend le Christ sacramentellement présent, il est digne en vérité d’action de grâces et de culte. Ce culte doit apparaître dans chacune de nos rencontres avec le Saint-Sacrement, quand nous visitons nos églises, ou quand les saintes espèces sont portées et administrées aux malades. L’adoration du Christ dans ce sacrement d’amour doit trouver ensuite son expression en diverses formes de dévotion eucharistique : prière personnelle devant le Saint-Sacrement, heures d’adoration, expositions brèves, prolongées, annuelles (quarante heures), bénédictions eucharistiques, processions eucharistiques, congrès eucharistiques.

Le culte eucharistique est donc justement une expression de cet amour, qui est la caractéristique authentique et la plus profonde de la vocation chrétienne. Ce culte jaillit de l'amour et sert à l'amour, auquel nous sommes tous appelés en Jésus-Christ (22). La perfection de l'image de Dieu que nous portons en nous, image qui correspond à celle que le Christ nous a révélée, est un fruit vivant de ce culte. En devenant ainsi des adorateurs du Père " en esprit et en vérité " (23), nous croissons dans une union toujours plus parfaite avec le Christ, nous Lui sommes toujours plus unis et - s'il est permis de s'exprimer ainsi - nous sommes toujours plus solidaires de Lui." (Dominicae Cenae, le Mystère et le culte de la Sainte Eucharistie, Jean-Paul II, 24 février 1980)

 

Laissez les comprendre que par ce type de prière devant le Christ au Saint-Sacrement, ils prolongent cette union qu’ils ont acquise avec lui dans la communion, et renouvellent l’alliance qui les engage à pratiquer dans leur vie et leur conduite ce qu’ils ont reçu dans la foi dans la célébration de l’Eucharistie et dans la réception du sacrement. (Eucharstiae Sacramentum, 21 juin 1973)

 

Les fidèles, lorsqu’ils adorent le Christ présent dans le Saint-Sacrement, doivent se rappeler que cette présence dérive du Sacrifice et tend à la communion tout à la foi sacramentelle et spirituelle (Congrégation des Rites, Instruction sur le culte de l’Eucharistie, Eucharsiticum Mysterium, 25 Mai 1967).

En conséquence, la dévotion qui amène les fidèles à rendre visite au Saint-Sacrement les rapproche toujours plus de la participation du Mystère Pascal. (50. Eucharsiticum Mysterium, 25 Mai 1967. Instruction sur le culte du mystère eucharistique.)

La célébration de l’Eucharistie dans le sacrifice de la Messe est l’origine et la consommation du culte envers l’Eucharistie hors de la Messe. (Eucharisticum Mysterium, e, 25 Mai 1967)

Le mystère de l’Eucharistie doit donc être considéré dans toute sa plénitude, non pas seulement dans la célébration de la messe, mais aussi dans le culte des espèces sacrées qui restent après la messe et sont réservées pour étendre la grâce du sacrifice. (g. Eucharsiticum Mysterium, 25 Mai 1967. Instruction sur le culte du mystère eucharistique.)

 

" L’Église Catholique fait profession de rendre ce culte d’adoration au Sacrement de l’Eucharistie non seulement durant la Messe mais aussi en dehors de sa célébration " (Mysterium Fidei, Paul VI, 1965)

Lettre pour la sanctification des prêtres, congrégation du Clergé, 2008

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