ADORATION ET ÉVANGÉLISATION

Jésus gravit la montagne et il appelle à lui ceux qu'il voulait. Ils vinrent à lui, et il en institua Douze pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher. (Marc 3, 13-14). L'adoration, c'est le "être avec". L'évangélisation, c'est le "être envoyé vers". Avant "d'aller vers" les autres au nom de Jésus, il faut d'abord "venir à" lui.

 

"Pour évangéliser le monde, il faut des 'experts' en célébration, en adoration et en contemplation de l'Eucharistie" (Jean-Paul II, "Eucharistie et Mission 2004)

 

"La Sainte Eucharistie contient tout le trésor spirituel de l’Eglise, c’est-à-dire le Christ lui-même, lui notre Pâque, lui le pain vivant, lui dont la chair, vivifiée par l’Esprit-Saint et vivifiante, donne la vie aux hommes, les invitant en les conduisant à offrir, en union avec lui, leur propre vie, leur travail, toute la création. On voit donc comment l’Eucharistie est bien la source et le sommet de toute évangélisation." (Vatican II, PO 5)

 

« Evangéliser sans adorer, c’est du prosélytisme. Adorer sans évangéliser, c’est de l’évasion ». Pasteur Thomas Roberts

 

"Le monde a besoin aujourd'hui de personnes qui annoncent et témoignent du Christ, qui enseignent son art de vivre, le chemin du vrai bonheur... La parole de l'annonce doit toujours prendre sa source dans une relation intense avec le Christ. Le monde d'aujourd'hui a besoin de personnes qui parlent à Dieu, pour pouvoir parler de Dieu... Je suis convaincu que les nouveaux évangélisateurs se multiplieront toujours plus pour donner vie à une véritable transformation dont le monde a aujourd'hui besoin." (Benoit XVI, devant 8000 nouveaux évangélisateurs, 15 octobre 2011)

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I. Introduction

Jean-Paul II situe le mystère de l'Eucharistie au coeur de la nouvelle évangélisation : "Demandez avec moi à Jésus-Christ ... que toute l'Église sorte de ce congrès eucharistique renforcée en vue de la nouvelle évangélisation dont a besoin le monde entier : nouvelle aussi par la référence explicite et profonde à l'Eucharistie comme centre et racine de la vie chrétienne, comme semence et exigence de fraternité, de justice, de service à tous les hommes, en commençant par ceux qui ont le plus de besoins dans leur corps et dans leur esprit. Evangélisation pour l'Eucharistie, dans l'Eucharistie et à partir de l'Eucharistie: ce sont trois aspects inséparables de la manière dont, l'Église vit le mystère du Christ et accomplit sa mission de le communiquer à tous les hommes" (Jean-Paul II, Congrès International eucharistique de Séville 1993).

 

1. Evangélisation à partir de l'Eucharistie

1.a. Rencontre personnelle, expérience de l'amour infini du Christ

1.b. Annoncer celui que l'on connaît

1.c. Fidélité et ferveur dans la prière

1.d. Etre "contempl-actif " : "L'Eucharistie est un évènement missionnaire"

1.e. Evangélisation de tout l'être

 

2. Evangélisation par/dans l'Eucharistie

2.a. Une paroisse est une communauté eucharistique.

2.b. Mémorial de la Passion

2.c. Service de la prière. Acquérir ses disciples de Dieu pour Dieu.

2.d. Rayonnement eucharistique et paix pour l'humanité

 

3. Evangélisation pour l'Eucharistie

3.a. Amener le monde à l'Agneau de Dieu.

3.b. Eucharistie et justice, charité

3.c. Restauration. Civilisation de l'Amour

 

Conclusion:

"Je vous exhorte à vous enraciner dans la prière et dans les Sacrements. L'évangélisation authentique naît toujours de la prière et est portée par la prière. Il nous faut d'abord parler avec Dieu pour pouvoir parler de Dieu. Dans la prière, nous présentons au Seigneur les personnes vers qui nous sommes envoyés. Nous le supplions de toucher leurs cœurs. Et nous demandons à l'Esprit Saint de faire de nous les instruments de son salut pour ces personnes. Nous demandons au Christ de mettre sur nos lèvres ses paroles et de faire de nous des témoins de son amour. Et, plus largement, nous confions au Seigneur toute la mission de l'Église, selon le commandement explicite de Jésus : « Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson. » (Mt 9, 38). Sachez trouver dans l'Eucharistie, la source de votre vie de foi et de votre témoignage chrétien (...). Je vous encourage aussi à pratiquer l'adoration eucharistique : se recueillir dans l'écoute et le dialogue avec Jésus avec présent dans le Saint Sacrement devient le point de départ d'un nouvel élan missionnaire. (Benoit XVI, 28ème journée mondiale de la jeunesse, 18 octobre 2012)

 

"La communauté qui ne sait pas faire ce choix dans la foi ne pourra jamais voir de fruits durables, qu’il s’agisse d’une croissance spirituelle ou de l’augmentation du nombre de ses membres, et exposera ses initiatives pour louables qu’elles soient à un échec. Nous ne répéterons jamais assez que ce choix pastoral doit précéder et alimenter tous les autres. La louange et l’adoration forment un rempart extraordinaire contre les tentations auxquelles une communauté qui grandit se trouve confrontée. Quiconque aura passé son heure d’adoration au service de la communauté et à prier avec amour pour les frères qu’il est en train d’évangéliser, en sortira revivifié ayant obtenu la vision même de Jésus sur les circonstances qui l’entourent. En outre, il sera peu à peu guéri de ses blessures intérieures, parce qu’il aura fait l’expérience de l’amour de Dieu et continuera à la faire." (Don Macchioni, Cellules paroissiales d'évangélisation, Milan)

 


Textes pour aller plus loin:

Adoration et Evangélisation (Mgr Dominique Rey, Evêque de Fréjus-Toulon)

De l'adoration à l'évangélisation (Card Piacenza pour Adoratio2011, Juin 2011)

Eucharistie et Mission (Message de Jean-Paul II le 19 avril 2004 pour la Journée missionnaire mondiale)

Eucharistie et Evangélisation (Jean-Paul II au congrès international eucharistique de Séville en 1993)

Eucharistie, mystère à annoncer (Benoit XVI, Extraits de Sacramentum Caritatis "le Sacrement de l'Amour", n° 84-85)

"Nouvelle Evangélisation et Adoration" par l'Abbé Jean-Claude Lange, Diocèse de Metz

Nouvelle évangélisation en sept parties (L'adoration eucharistique dans la perspective de la nouvelle évangélisation à partir de textes de Jean-Paul II et de versets bibliques...)

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ADORATION ET EVANGÉLISATION

 

1. Evangélisation à partir de l'Eucharistie

 

1.a. Rencontre personnelle, expérience de l'amour infini du Christfiles/Adoration Mission/Jeancotechrist.jpg

 

« "Il n'y a rien de plus beau que d'être rejoints, surpris par l'Évangile, par le Christ. Il n'y a rien de plus beau que de le connaître et de communiquer aux autres l'amitié avec lui". Cette affirmation acquiert une plus forte intensité si nous pensons au mystère eucharistique. En effet, nous ne pouvons garder pour nous l'amour que nous célébrons dans ce Sacrement. Il demande de par sa nature d'être communiqué à tous. Ce dont le monde a besoin, c'est de l'amour de Dieu, c'est de rencontrer le Christ et de croire en lui. C'est pourquoi l'Eucharistie n'est pas seulement source et sommet de la vie de l'Église; elle est aussi source et sommet de sa mission: "Une Église authentiquement eucharistique est une Église missionnaire". Nous aussi, nous devons pouvoir dire à nos frères avec conviction:« Ce que nous avons contemplé, ce que nous avons entendu, nous vous l'annonçons à vous aussi, pour que, vous aussi, vous soyez en communion avec nous » (1 Jn 1, 3) » (Benoît XVI, Sacramentum Caritatis, 84)

 

"Il est bon de s'entretenir avec Lui et, penchés sur sa poitrine comme le disciple bien-aimé (cf. Jn 13, 25), d'être touchés par l'amour infini de son cœur. Si, à notre époque, le christianisme doit se distinguer surtout par « l'art de la prière », comment ne pas ressentir le besoin renouvelé de demeurer longuement, en conversation spirituelle, en adoration silencieuse, en attitude d'amour, devant le Christ présent dans le Saint-Sacrement? Bien des fois, chers Frères et Sœurs, j'ai fait cette expérience et j'en ai reçu force, consolation et soutien! "(Jean-Paul II, Ecclesia de Eucharistia, 25)

 

"Saint Alphonse Marie de Liguori se distingua en particulier dans ce domaine, lui qui écrivait: « Parmi toutes les dévotions, l'adoration de Jésus dans le Saint-Sacrement est la première après les sacrements, la plus chère à Dieu et la plus utile pour nous ». L'Eucharistie est un trésor inestimable: la célébrer, mais aussi rester en adoration devant elle en dehors de la Messe permet de puiser à la source même de la grâce. Une communauté chrétienne qui veut être davantage capable de contempler le visage du Christ ne peut pas ne pas développer également cet aspect du culte eucharistique, dans lequel se prolongent et se multiplient les fruits de la communion au corps et au sang du Seigneur" (Jean-Paul II, Ecclesia de Eucharistia, 25)

files/Adoration Mission/fixer_yeux.jpgAvant d'annoncer le Christ, il faut d'abord contempler son visage: "Notre témoignage se trouverait toutefois appauvri d'une manière inacceptable si nous ne nous mettions pas d'abord nous-mêmes à contempler son visage. Le grand Jubilé nous a assurément aidés à le faire d'une manière plus profonde. Au terme du Jubilé, tandis que nous reprenons le chemin de la vie ordinaire, conservant en nous la richesse des expériences vécues en cette période toute spéciale, notre regard reste plus que jamais fixé sur le visage du Seigneur." (Jean-Paul II, Novo Millennio Ineunte)

" Pour me garder du péché et ne pas me laisser m'éloigner de lui, Dieu utilise la dévotion du Sacré Cœur de Jésus au Saint-Sacrement. Ma vie est destinée à être passée dans la lumière émanant du tabernacle, et c'est au Cœur de Jésus que j'ose aller pour trouver la solution à tous mes problèmes." (Jean XXIII)

Les témoignages de Pauline-Marie Jaricot et St Damien de Molokai mettent en exergue le lien entre l'adoration et l'évangélisation. Comme le rappelle le Curé d'Ars, avant d'annoncer, il faut faire une expérience de l'amour infini du Christ au Tabernacle.

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pour mieux voir le livret pour les enfants adorateurs (cliquez ici)

 

1.b. Annoncer celui que l'on connaît

 

"Rester dans une attitude d'adoration face au Bon Pasteur présent dans le Saint-Sacrement de l'autel, pour s'entretenir intimement avec lui, constitue une priorité pastorale de loin supérieure à toute autre. Le prêtre qui est guide d'une communauté doit mettre en place cette priorité, afin de se prémunir contre l'aridité intérieure, et pour ne pas devenir un canal asséché, qui ne pourrait plus rien transmettre à personne. C'est la spiritualité qui s'avère décidément l'œuvre pastorale la plus importante. Tout plan pastoral, ou projet missionnaire, de même que n'importe quel dynamisme dans l'évangélisation, qui feraient abstraction du primat de la spiritualité et du culte divin, seraient voués à l'échec." ("Le Prêtre, Pasteur et Guide de la communauté paroissiale", Congrègation du Clergé, 2002, n. 11)

 

Pour annoncer le Christ avec conviction, il faut d'abord le connaître et l'aimer. Pour ceci, il est nécessaire de le files/Adoration Mission/imag52441.jpgrencontrer personnellement. On ne peut parler que de ce qu’on connaît. On ne connaît pas une personne si on ne la connaît que par ouï-dire. Cette rencontre avec le Christ se réalise de manière privilégiée dans l'Eucharistie. Il est là, dans sa présence personnelle, corporelle. Bien que voilé sous les apparences du pain, c'est le même Jésus qui réalise pour nous aujourd'hui ce qu'il a accomplit dans les évangiles... Celui qui a vraiment rencontré le Christ ne peut le garder pour lui-même, il doit l'annoncer.

 

"Cette passion ne manquera pas de susciter dans l'Église un nouvel esprit missionnaire, qui ne saurait être réservé à un groupe de « spécialistes » mais qui devra engager la responsabilité de tous les membres du peuple de Dieu. Il faut un nouvel élan apostolique qui soit vécu comme un engagement quotidien des communautés et des groupes chrétiens." (Jean-Paul II, Novo Millennio Ineunte)

 

Nous sommes appelés à nous mettre à son école, pour être peu à peu configurés à Lui, pour laisser l’Esprit agir en nous, pour réaliser la mission qui nous est confiée. En particulier, l’amour du Christ nous pousse à travailler sans cesse pour l’unité de son Église, pour l’annonce de l’Évangile jusqu’aux extrémités de la terre et pour le service des hommes.'Nous ne formons qu’un seul Corps, car nous avons tous part à ce pain unique' (1 Co 10, 17) : telle est la Bonne Nouvelle qui réjouit le cœur de l’homme et lui montre qu’il est appelé à prendre part à la vie bienheureuse avec Dieu. "Le mystère eucharistique est la source, le centre et le sommet de l’activité spirituelle et caritative de l’Église (Vatican II, Presbyterorum Ordinis, 6).

 

"La proximité avec le Christ, dans le silence de la contemplation, n’éloigne pas de nos contemporains mais, au contraire, elle nous rend attentifs et ouverts aux joies et aux détresses des hommes, et elle élargit le cœur aux dimensions du monde. Elle nous rend solidaires de nos frères en humanité, particulièrement des plus petits, qui sont les bien-aimés du Seigneur"(Jean-Paul II à Mgr Houssiau, 1994)

 

"Pour l’évangélisation aujourd’hui, il faut que le Cœur du Christ soit reconnu comme le Cœur de l’Eglise : c’est Lui qui appelle à la conversion, à la réconciliation. C’est Lui qui entraîne sur les voies des Béatitudes les cœurs purs et les affamés de justice. C’est Lui qui réalise la communion chaleureuse des membres du Corps unique. C’est Lui qui permet d’adhérer à la Bonne Nouvelle et d’accueillir les promesses de la vie éternelle. C’est Lui qui envoie en mission… Le cœur à cœur avec Jésus élargit le cœur de l’homme aux dimensions du monde. (Jean-Paul II, Homélie pour la canonisation du P. Claude la Colombière, le 31 mai 1992)

 

1.c. Fidélité et ferveur dans la prièrefiles/Adoration Mission/visageduchrist.jpg

 

"Fixons les yeux sur le chef de notre foi, qui la mène à la perfection, Jésus" (Hb 12, 2)

 

"Oui, chers Frères et Sœurs, nos communautés chrétiennes doivent devenir d'authentiques « écoles » de prière, où la rencontre avec le Christ ne s'exprime pas seulement en demande d'aide, mais aussi en action de grâce, louange, adoration, contemplation, écoute, affection ardente, jusqu'à une vraie « folie » du cœur. Il s'agit donc d'une prière intense, qui toutefois ne détourne pas de l'engagement dans l'histoire: en ouvrant le cœur à l'amour de Dieu, elle l'ouvre aussi à l'amour des frères et rend capable de construire l'histoire selon le dessein de Dieu."(Jean-Paul II, Novo Millennio Ineunte).

 

L'adoration consiste à se laisser regarder, aimer et saisir par le Christ qui nous conduit au Père. Annoncer Dieu, c’est introduire à la relation à Dieu : apprendre à prier. La prière est la foi en acte. Et ce n’est que dans l’expérience de la vie avec Dieu qu’apparaît aussi l’évidence de son existence. C’est pour cette raison que sont si importantes les écoles et les communautés de prière.

L'adoration eucharistique nous place à l'école du Coeur de Jésus, école de douceur, d'humilité et d'ardente charité. Sainte Thérèse de Lisieux[nbsp]trouvait en l'Eucharistie le modèle de toutes les vertus à imiter. En méditant sur l'abaissement de Jésus dans l'humble Hostie, elle cherchait en retour toute occasion pour s'abaisser. En contemplant la manière dont Jésus se donne sans défense dans l'Eucharistie, elle apprenait à se donner au Seigneur et à ses soeurs de la même manière. Puisque Jésus se cache dans la petite Hostie, Thérèse voulait se cacher pour mieux ressembler à son Seigneur... Voici quelques paroles de ses poèmes qui illustrent cela:

 

Vivre d’Amour, c’est vivre de ta vie,

Roi glorieux, délice des élus.

Tu vis pour moi, caché dans une hostie

Je veux pour toi me cacher, ô Jésus !

 

Mon doux Soleil de vie ; O mon Aimable Roi;
C'est ta Divine Hostie; Petite comme moi...

 

Témoignage des moines de Tibbérine qui trouvaient leur force à genoux devant le Tabernacle: "Il y a quelques mois, je me trouvais en compagnie de Mgr Henri Teissier, archevêque d’Alger, à Tibbérine, dans ce monastère cistercien où 7 moines kidnappés par des groupes islamistes ont été massacrés. C’était en 1996. Deux mois après, on retrouvait leurs têtes suspendues aux branches d’un arbre, à quelques kilomètres de là. Au cours de mon voyage et en visitant le monastère de Tibbérine, j’ai reçu la confidence d’un prêtre qui a bien connu les moines assassinés. Il se trouvait lui-même là, la nuit du rapt, dans le monastère et a pu échapper miraculeusement à leur enlèvement. Ce prêtre me disait : « Tous les moines s’attendaient à cette issue. Ils s’y préparaient spirituellement. Sans savoir ni l’heure, ni le jour. Au fil des mois, la communauté avait gagné en communion, en fraternité, en ferveur. Elle était devenue « plus eucharistique » ajoutait-il. Et il se rappelait, le soir de leur disparition, après l’office des Complies. Plusieurs d’entre eux étaient agenouillés, dans le silence de la nuit, devant le tabernacle. Tout témoignage, fut-il celui de martyr de sang, commence à genoux." (Mgr Dominique Rey)

 

1.d. Etre "contempl-actif " : "L'Eucharistie est un évènement missionnaire"

 

Dans l'Eucharistie, Dieu prend l’initiative de nous rencontrer. Jésus dit: "Je suis le pain vivant descendu du ciel" (Jn 6,files/Adoration Mission/transfiguration.jpg 51) L’Eucharistie est le sacrement de Dieu allant à la recherche de l’homme. « L’eucharistie signifie : Dieu a répondu. L’eucharistie est Dieu comme réponse, comme présence qui répond » (J. Ratzinger). L’évangélisation naît de ce contact personnel avec Jésus-Christ. L’adorateur consent à se laisser radicalement saisir par le Christ. Il se laisse « évangéliser » par celui qu’il aura mission d’annoncer.

 

‘C’est moi qui ferai paître mes brebis et c'est moi qui les ferai reposer, Je chercherai celle qui est perdue, Je ramènerai celle qui est égarée, Je panserai celle qui est blessée, Je fortifierai celle qui est malade.’ (Ez 34, 15-16)

 

Jésus au Saint-Sacrement est l'envoyé du Père . Il nous appelle à lui ("Je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi." (Jn 17, 24)), il nous 'évangélise' avant de nous envoyer vers les autres. En Lc 2, 10, les bergers reçoivent la Bonne Nouvelle des anges. Cette Bonne Nouvelle est la présence de Jésus parmi son peuple. Les bergers vont à Bethléem adorer Jésus. Immédiatement après, ils vont l'annoncer à tous, ce qui fait l'admiration et l'étonnement de beaucoup (Lc 2,16-17). Ils sont évangélisés par les anges et deviennent évangélisateurs à leur tour. Entre temps, ils adorent Jésus, aujourd'hui présent au Saint-Sacrement. Voilà le lien entre adoration et l'évangélisation.

 

À la transfiguration, Pierre dit : "Qu'il est bon d'être ici". Et il veut monter une tente pour rester sur la montagne. Mais Jésus, après leur avoir montré sa gloire, renvoie ses trois disciples en bas de la montagne pour continuer leur mission.

 

"Allez donc, de toutes les nations faites des disciples... et voici que je suis avec vous jusqu'à la fin des temps." (Mt 28, 20). "Allez vers", c'est l'évangélisation. Celle-ci est possible parce qu'il "est avec nous jusqu'à la fin", c'est l'adoration. Les deux vont ensemble.

 

"L’action présuppose la contemplation : elle naît de celle-ci et s’en nourrit. On ne peut pas donner d’amour à ses frères si on ne puise pas auparavant à la Source authentique de la charité divine et cela n’a lieu qu’à l’occasion d’un arrêt prolongé de prière, d’écoute de la parole de Dieu, d’adoration de l’Eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne. Prière et engagement constituent un binôme vital, inséparable et fécond." (OR version française, n 20 (2572), 18 mai 1999 par le Pape Jean-Paul II)

 

Dans son audience générale du 21 juin 2000, le Pape soulignait avec force la dimension missionnaire de l’Eucharistie. « C’est dans l’Eucharistie que l’Eglise et chaque croyant trouvent la force indispensable pour annoncer et témoigner à tous de l’Evangile du salut. La célébration de l’Eucharistie, sacrement de la Pâque du Seigneur, est en soi un événement missionnaire qui introduit dans le monde le germe fécond de la vie nouvelle. Cette caractéristique missionnaire de l’Eucharistie est explicitement rappelée par Saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens : « Chaque fois que vous mangez de ce pain et que vous buvez de ce calice, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne » (1 Co 11,26). L’Eglise reprend les mots de St Paul dans la doxologie après la consécration. L’Eucharistie est un sacrement « missionnaire », non seulement parce que c’est d’elle que jaillit la grâce de sa mission, mais aussi parce qu’elle contient le principe et la source pérenne du salut pour tous les hommes. La célébration du Sacrifice eucharistique est par conséquent l’acte missionnaire le plus efficace que la Communauté ecclésiale puisse réaliser dans l’histoire du monde. »

 

files/Adoration Mission/03-mother-and-jp-ii.jpgVoici le témoignage de Mère Teresa de Calcutta: "Notre règle ordonnait, jusqu'en 1973, une heure d'adoration par semaine devant le Saint-Sacrement... Nous avons beaucoup à faire vu que nos maisons pour les lépreux, les malades, les enfants abandonnés sont toujours au complet. Néanmoins, nous maintenons fidèlement notre heure quotidienne d'adoration. Eh bien! depuis que nous avons introduit cette modification dans notre emploi du temps, notre amour pour Jésus est devenu plus intime, plus éclairé. Notre amour réciproque est plus compréhensif, il règne entre nous une entente plus affectueuse, nous aimons davantage nos pauvres et, chose encore plus surprenante, le nombre des vocations a doublé chez nous..." Benoît XVI exprime comment la prière non seulement de s'accorder avec la volonté divine, mais surtout d'y puiser la force du Christ.

 

"La prière comme moyen pour puiser toujours à nouveau la force du Christ devient ici une urgence tout à fait concrète. Celui qui prie ne perd pas son temps, même si la situation apparaît réellement urgente et semble pousser uniquement à l’action. La piété n’affaiblit pas la lutte contre la pauvreté ou même contre la misère du prochain. La bienheureuse Teresa de Calcutta est un exemple particulièrement manifeste que le temps consacré à Dieu dans la prière non seulement ne nuit pas à l’efficacité ni à l’activité de l’amour envers le prochain, mais en est en réalité la source inépuisable" (Benoît XVI, Deus Caritas Est)

 

L'Eucharistie contient une puissance de transformation. Le Christ chasse toutes nos ténèbres, il guérit nos coeurs, donne sa lumière et sa paix. À Cana, Jésus change l’eau en vin. À la dernière cène, il change le pain et le vin en son propre Corps et Sang. En venant en sa présence eucharistique, Jésus change notre cœur de pierre en cœur de chair : il nous donne un cœur qui désire partager le plus grand trésor sur terre : la présence aimante de Jésus parmi nous ! Paul VI nous dit qu'il n'y a "rien de plus doux sur terre, rien de plus apte à faire avancer dans les voies de la sainteté" que l’adoration du Saint-Sacrement. (Paul VI, Mysterium Fidei)

 

1.e. Évangélisation de tout l'être

 

Nous sommes appelés, comme Chrétiens, à adorer en « esprit et en vérité ». Cette adoration ne consiste pas files/Adoration Mission/adoration-1.jpgseulement en un exercice d’intelligence ou de volonté. L’adoration doit s’exprimer avec tout notre être et donc engager également notre corps. L’homme est créé pour adorer, pour s’incliner profondément devant Celui qui nous a faits et qui nous dépasse.

 

a. Evangélisation de notre corps: « Adoration » (tirée du latin « os » : la bouche). L’adoration comprend donc une prostration dont le but est d’atteindre l’objet de la vénération et de le baiser. Adorer signifie donc : s’incliner profondément en signe d’extrême respect. C'est l'attitude naturelle de l’homme quand il se trouve en face de quelqu’un qui le dépasse.

 

Exemple : La femme atteinte d’hémorragie se jette par terre et veut attraper la frange du manteau de Jésus pour l’embrasser (Lc 8,44). Aussi, Marie-Madeleine se jette aux pieds de Jésus et les mouille de ses larmes.

 

"Les vingt-quatre Vieillards se prosternent devant Celui qui siège sur le trône pour adorer Celui qui vit dans les siècles des siècles ; ils lancent leurs couronnes devant le trône" (Ap 4, 10)

 


Cette position à genoux est l’expression corporelle de notre adhésion à la présence réelle de Jésus-Christ, qui, comme Dieu et homme, avec son corps et son âme, avec sa chair et son sang, se rend présent parmi nous. Notre foi au Verbe incarné qui est allé jusqu’à donner sa vie, son corps, sa mort pour le salut du monde, nous conduit, comme les bergers et les mages, à exprimer nous aussi par notre corps notre émerveillement et notre adoration. Notre corps manifeste alors visiblement ce que notre cœur croit. Ainsi la philosophe Simone Veil, d’origine juive et non croyante, exprimait ainsi sa découverte du Christ à Assise en 1936. « Quelque chose de plus fort que moi m’a obligé, pour la première fois de ma vie, à me mettre à genoux ». Oui, nous avons la grâce de connaître quelqu’un devant qui s’agenouiller. L’attitude extérieure traduit la dévotion intérieure. St Pierre-Julien Eymard nous rappelle que le premier mouvement de l’adoration consiste justement à se prosterner à terre, le front incliné. C’est une attitude qui nous permet de proclamer sans mots la majesté infinie du Dieu qui se cache sous le voile de l’Eucharistie.

 

files/Adoration Mission/adoration.JPGb. Evangélisation du regard et de la mémoire : Les campagnes publicitaires bombardent sans cesse notre esprit par des images, bien souvent marquées par la sensualité, voire l'érotisme. Rares sont les grandes productions cinématographiques qui excluent toutes scènes érotiques ou violentes. Ces images s'impriment profondément dans la mémoire et blessent notre relation au Père. Il faudra des années pour se débarrasser de ce poison qui pollue l'esprit et souille le cœur. Jésus disait : « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu » (Mt 5, 8). En contemplant l'Hostie, Corps ressuscité du Christ, le Seigneur guérit le cœur, purifie le regard,débarrasse l'inconscient des images les plus pernicieuses, efface de la mémoire ce qui lui est nocif et renouvelle la capacité à s’émerveiller de la vraie beauté. Sous la lumière du Ressuscité, le Christ touche nos sens intérieurs et chasse toutes ténèbres, car « le soleil de justice brillera, avec la guérison dans ses rayons » (Ml 3, 20). En regardant la Sainte Hostie, le Seigneur guérit ce que l'impureté a brisé en soi.

 

c. Evangélisation de l'intelligence : Entrer dans l'humilité de Dieu dans l'Eucharistie. En face de l'incompréhensibilité du mystère eucharistique, notre intelligence fait sienne la parole de Pierre : « Seigneur à qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelle. Nous croyons et nous avons reconnu que tu es les Saint de Dieu » (Jn 6, 68). Puisque Jésus est la Vérité, il ne peut nous tromper. Il se rend présent dans l'Eucharistie pour éclairer notre intelligence. L'intelligence permet l'étude de la théologie, c'est-à-dire l’étude de Dieu. La foi qui pousse à aller devant le Saint-Sacrement nous donne la connaissance de Dieu lui-même. L’une est l’étude académique de l’amour, l’autre est la files/Adoration Mission/49113558.jpgdouce expérience de l’Amour personnifié. Saint Thomas d'Aquin, le plus éminent théologien, écrit avant de mourir qu’il a plus reçu devant le tabernacle que dans tous les livres qu’il a lus ou dans tout ce qu’il a entendu. Pauline-Marie Jaricot dira de même: « Tout ce que je sais, je l’ai appris à vos pieds, Seigneur. Recevez donc l’hommage de tout ce que je suis, de tout ce que j’ai, de tout ce que je pourrais jamais penser, dire et faire de bien. » Voilà l'hommage de notre intelligence à la souveraine intelligence divine...

 

d. Evangélisation de la volonté : Entrer dans la pauvreté de Dieu. Bien que l'univers ne puisse contenir Dieu, le Seigneur choisit de se contenir corporellement dans une petite Hostie, car l'amour consiste toujours à s'abaisser auprèsde la personne bien-aimée. Adorer, c'est adhérer, c’est à dire accueillir librement la volonté de Dieu et son plan d’amour qui se dévoile à travers la divine providence. "Que ta volonté soit faite" et non la mienne... Par l'adoration du Saint-Sacrement, le Chrétien remet totalement au Seigneur sa propre volonté et laisse Dieu inspirer et placer dans son coeur sa souveraine volonté. "Je suis la vigne, vous êtes les sarments, si vous demeurez en moi et moi en vous, vous porterez beaucoup de fruits, mais hors de moi vous ne pouvez rien faire." (Jn 15, 5) Plus nous serons fidèles à la volonté de Dieu, plus notre activité apostolique sera féconde.

 


2 : Evangélisation par l’Eucharistie

 

2.a. Une paroisse est une communauté eucharistique.files/Adoration Mission/Come_to_me.gif

 

Comme Marie portait la mission des apôtres par sa prière, toute la paroisse est appelée aujourd'hui à se réunir autour de Jésus dans l'adoration perpétuelle pour porter l’évangélisation du monde.

 

Jésus dit « Ma maison sera appelée une maison de prière pour toutes les nations. » (Mc 11, 17) Une paroisse doit être une maison d’accueil pour tous. Une porte fermée n’est pas un signe d’accueil. Une porte toujours ouverte est un signe de grand accueil…

 

La paroisse n’est pas, en premier lieu, une structure, un territoire, un édifice; c’est avant tout une communauté eucharistique. Par l’adoration, la paroisse est greffée sur la vigne, et devient ainsi le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain. Il faut redécouvrir, dans la foi, le vrai visage de la paroisse. Par l’adoration, la paroisse devient une communauté ecclésiale authentique, un feu qui embrase le monde et qui tire son unité de l’unité du Père, du Fils et de l’Esprit Saint. Ainsi, l’adoration perpétuelle réalise le sens profond de la paroisse : elle devient une maison de famille, fraternelle et accueillante, une fontaine où tous ceux qui ont soif viennent étancher leur soif.

 

A Abitina, en Afrique proconsulaire, en 304, l’assemblée dominicale avait été interdite sous peine de mort. Or des Chrétiens du lieu avaient transgressé l’édit impérial. 49 d’entre eux furent arrêtés. Au juge qui cherchait la raison de cette transgression, Emeritus répondit : « Parce que ce sont mes frères… je ne pouvais les en empêcher, parce que, sans l’Eucharistie, nous ne pouvons pas vivre. » Cette anecdote des premiers siècles situe parfaitement l’importance de l’Eucharistie dans la vie du Chrétien et de l’Eglise. « Si l’Eglise est la plénitude du Christ, le Christ, en son Eucharistie, est vraiment le cœur de l’Eglise » (H. De Lubac). Le corps eucharistique fait le corps ecclésial et le renouvelle sans cesse.

 

Le vieil adage du pseudo Jérôme « l’Eglise fait l’Eucharistie et l’Eucharistie fait l’Eglise » est particulièrement éclairant. Le Christ nourrit son corps. Le verbe « faire » n’a pas le même sens dans les deux cas. L’Eglise « fait » l’Eucharistie, c’est-à-dire qu’elle la célèbre et la rend présente dans sa liturgie. Mais l’Eucharistie « fait » l’Eglise au sens où elle la construit et l’édifie. Par l’Eucharistie, le Christ fait vivre son Eglise. Elle est devancée par un don qui la fait advenir, neuve et sainte, dans le monde : le don de la Résurrection. L’évangélisation n’est pas seulement une annonce du Christ mais aussi un processus d’incorporation à l’Eglise. D’où le lien sacramentel entre l’évangélisation et l’Eucharistie.

 

2.b. Mémorial de la Passion

 

En célébrant la première Eucharistie lors du dernier repas, le Christ dit à ses apôtres: "Faites ceci en mémoire de moi." À chaque messe, nous disons "Nous proclamons ta mort Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection et nous attendons ta venue dans la gloire." Les fruits de la passion du Christ sont rendus présents et efficaces dans la vie de ceux qui s'approchent de l'Eucharistie.

 

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Béthanie (Lc 10, 38-42)

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Marie, aux pieds de Jésus,

Jésus sur la croix

En venant devant le Saint-Sacrement

est critiquée par Marthe qui pense qui la trouve inoccupée

 est l'objet de moqueries, d'insultes. Tout semble être un échec.

il semble que rien ne se passe !!!

pourtant elle a choisi la meilleure part...

pourtant il sauve le monde (pas par ses discours ou miracles)

pourtant tout se passe ! Nous sommes unis au Christ sur la croix pour le salut du monde

 

 

"Tout engagement vers la sainteté, toute action visant à l'accomplissement de la mission de l'Église, toute mise en œuvre de plans pastoraux, doit puiser dans le mystère eucharistique la force nécessaire et s'orienter vers lui comme vers le sommet. Dans l'Eucharistie, nous avons Jésus, nous avons son sacrifice rédempteur, nous avons sa résurrection, nous avons le don de l'Esprit Saint, nous avons l'adoration, l'obéissance et l'amour envers le Père. Si nous négligions l'Eucharistie, comment pourrions-nous porter remède à notre indigence?" (Jean-Paul II, Ecclesia de Eucharistia)

 

Toute fécondité apostolique découle de notre union avec le Christ. Par l'adoration perpétuelle, toute la paroisse est greffée à la Vigne, Jésus au Saint-Sacrement. Le pape Jean-Paul II écrivait : "Dans la Sainte Eucharistie, - c’est aussi le sens de l’adoration perpétuelle -, nous entrons dans ce mouvement de l’amour d’où découle tout progrès intérieur et toute fécondité apostolique : « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » (Jn 12, 32)" (Jean-Paul II, Montmartre, 1980)

 

L’Eucharistie est la fontaine de toute vie spirituelle, le moyen de notre sanctification, par laquelle Jésus fait grandir sa vie divine en nous. Et Jésus dit « Je suis la vigne vous êtes les sarments, si vous demeurez en moi et moi en vous vous porterez beaucoup de fruit, mais hors de moi vous ne pouvez rien faire. » (Jn 15, 5) L'adoration eucharistique est d'autant plus importante que notre activité apostolique est intense, car Jésus sanctifie ainsi notre travail pour qu’il porte des fruits spirituels. Saint Damien de Molokai trouvait la force de s'occuper des lépreux par l'Eucharistie. De même, Mère Teresa de Calcutta disait qu’elle ne pourrait continuer une journée dans sa mission sans son heure d’adoration quotidienne. Voici ses paroles : « Chaque jour, nous exposons le Saint-Sacrement, et nous nous sommes aperçues d’un changement dans notre vie. Nous avons ressenti un amour plus profond pour le Christ à travers le masque affligeant des pauvres. Nous avons pu mieux nous connaître et mieux connaître le pauvre comme témoignage concret de Dieu. Depuis que nous avons commencé cette adoration du Saint-Sacrement, nous n’avons pas diminué notre travail, nous y consacrons autant de temps qu’auparavant, mais avec plus de compréhension. Les gens nous acceptent mieux. Ils ont faim de Dieu. Ils n’ont plus besoin de nous, mais de Jésus. » En venant devant le Saint-Sacrement, l’amour de Jésus change nos erreurs, nos fautes et nos échecs en succès divins. Il transforme nos cœurs et fait de nous ses témoins…

 

2.c. Service de la prière. Acquérir ses disciples de Dieu pour Dieu.

 

"Jésus prêchait le jour, la nuit il priait. Il devait acquérir ses disciples de Dieu. C’est toujours valable. Nous ne pouvons pas gagner les hommes par nous-mêmes. Nous devons les obtenir de Dieu pour Dieu. Toutes les méthodes sont vides sans le fondement de la prière. La parole de l’annonce doit toujours baigner dans une intense vie de prière."(Cardinal Ratzinger : la nouvelle évangélisation (8-10 décembre 2000))

 

L’adorateur se trouve placé en intercession avec le Christ sur les fractures de l’humanité. Sa supplication embrasse files/adoration eucharistique/Divine_Mercy.giftoutes les situations où l’homme a perdu sa dignité, son intégrité, sa ressemblance avec Dieu. L’adoration évangélise en appliquant le salut à partir du Christ-Eucharistie, et à travers l’Eglise et par l’Eglise, sur toutes les situations où l’homme ne répond plus à sa vocation.

 

L’adoration est un service, c’est le service de la prière, un service 'éminent' nous dit le pape Jean-Paul II. Sur la croix, Jésus a pris notre place; nous prenons la place de celui qui a le plus besoin de la miséricorde divine en venant devant le Saint-Sacrement. Nous représentons cette personne et Jésus déverse sur elle sa miséricorde pour qu'elle accueille le salut et se tourne vers le Père… "Par l’adoration, le chrétien contribue mystérieusement à la transformation radicale du monde et à la germination de l’Évangile. Toute personne qui prie le Sauveur entraîne à sa suite le monde entier et l’élève à Dieu. Ceux qui se tiennent devant le Seigneur remplissent donc un service éminent ; ils présentent au Christ tous ceux qui ne le connaissent pas ou ceux qui sont loin de lui ; ils veillent devant lui, en leur nom"(Jean-Paul II à Mgr Houssiau, 1994)

 

Par l'adoration, nous touchons le Coeur de Jésus et donc le Coeur de Dieu, qui par conséquent, touche les coeurs de tous les hommes. De chaque chapelle d'adoration eucharistique, Jésus déverse son amour et sa miséricorde sur toute la création. Les effets positifs pour le monde provenant de l'adoration sont plus grands que les effets destructeurs de la bombe atomique, car si l'homme avec son esprit créé peut inventer une arme aussi puissante que la bombe atomique, combien plus puissant sera l'amour incréé de Jésus au Saint-Sacrement pour établir la paix éternelle sur l'humanité.

 

2.d. Rayonnement eucharistique et paix pour l'humanité

 

« De son tabernacle, Jésus rayonnera sur ces contrées et attirera à Lui des adorateurs… » Cf. Charles de Foucauld

 

Sainte Faustine voyait dans l'hostie exposée le Coeur du Christ qui rayonnait sur le monde entier chaque fois qu'elle entrait dans la chapelle pour adorer... Jésus lui dit d'écrire:

 

« L’humanité ne trouvera pas la Paix tant qu’elle ne se tournera pas avec confiance vers ma Miséricorde » (Petit Journal #300). « Le trône de la Miséricorde, c’est le Tabernacle » (Petit Journal # 1484). Ainsi, il ne peut y avoir de Paix véritable dans les coeurs, les familles et le monde sans se tourner davantage vers le tabernacle...

 


3 : Evangélisation pour l’Eucharistie

 

3.a. Amener le monde à l'Agneau de Dieu.

 

files/Adoration Mission/bapteme.gifL’écriture dit de Jésus : “ Le monde n’a pas connu le Fils. ” (1 Jn 3, 1) “Il était dans le monde et le monde ne l’a pas reconnu. ” (Jn 1, 10) Alors, Jean-Baptiste dit : “ Au milieu de vous se tient quelqu’un que vous ne connaissez pas, dont je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. ” (Jn 1, 26) Alors, “ les cieux s’ouvrirent ” et “ l’Esprit de Dieu descendit sur lui comme une colombe. Et voici qu’une voix venue des cieux disait : “ Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur. ” (Mt 3, 17) La seule fois que le Père parle dans l’Evangile est pour dire au monde où se trouve Jésus, “ Celui-ci est mon Fils bien-aimé. ” (Mt 3, 17) Voilà la vraie évangélisation. C’est l’évangélisation du Père céleste : dire au monde où se trouve Jésus pour que tous aillent à lui. “ Quiconque s’est mis à l’écoute du Père et à son école vient à moi. ” (Jn 6 45), nous dit Jésus dans son discours eucharistique.

 

Cette évangélisation du Père céleste, de dire au monde où se trouve Jésus, est continuée par Jean-Baptiste. Dès que celui-ci a reconnu le Christ, il envoie ses disciples à Jésus, l'Agneau de Dieu. Evangéliser, c'est amener au Christ, car lui seul donne le salut: "Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde." L'Eucharistie est véritablement l'Agneau de Dieu au milieu de nous; c'est Jésus dans sa présence sacrificielle. Chaque Chrétien doit être un nouveau Jean-Baptiste, fixant les yeux sur le Christ (Hb 11, 2) et pointant du doigt l'Agneau de Dieu, Jésus dans l'Eucharistie, pour que tous aillent à lui...

 

Cette évangélisation se continue d’âge en âge par le Pape, le vicaire du Christ sur terre. Jean-Paul II, citant Vatican II, explique que “la Sainte Eucharistie est la source et le sommet de toute évangélisation. C’est le but de toute proclamation de l’Evangile”. Le Pape a maintes fois prêché et écrit sur la Présence Réelle de Jésus au Saint-Sacrement et sur la valeur, la puissance et l’importance de l’adoration eucharistique.

 

“Le Saint-Sacrement est la fontaine de toute vie chrétienne, le centre spirituel de notre communauté paroissiale qui nous permet de rencontrer le Christ, vrai Dieu et vrai homme d’une manière durable… et de nous laisser voir par lui… C’est le Mystère de la Foi, le plus grand miracle, l’expression d’amour infini où nous faisons l’expérience de sa présence." (Jean-Paul II)

 

“ Ici au Saint-Sacrement, c’est le Christ en personne qui accueille les affligés et les console par la chaleur de sa files/Adoration Mission/MartheMarie.jpgcompassion et de son amour. ” “ C’est au Saint-Sacrement que ces douces paroles ‘Venez à moi, vous tous qui ployez sous le fardeau et je vous rafraîchirai’ ” (Mt 11, 28) sont vraiment accomplies. “ Le Christ reste au Saint-Sacrement comme notre compagnon fidèle tout au long de notre parcours, et en particulier dans les épreuves les plus difficiles. ” “ Ici au Saint-Sacrement, nous sommes accueillis par le Christ. ” “ Entrant dans son Cœur, nous demeurons dans son amour, plus grand que toutes les haines. ” (Jean-Paul II)

 

Evangéliser, c’est annoncer la Bonne Nouvelle. Jésus est la Bonne Nouvelle. Il se donne en nourriture et demeure parmi nous au Saint-Sacrement pour nous combler de son amour, de sa force et de sa grâce. Il nous fait remonter vers notre fin dernière, l'adorable Trinité. Il nous envoie alors l'annoncer pour que tous viennent l'entourer et trouver en lui sa vocation ultime.

 

3.b. Eucharistie et justice, charité

 

"De l’autel eucharistique, coeur battant de l’Eglise, naît constamment le flux évangélisateur de la Parole et de la Charité. Aussi le contact avec l’Eucharistie doit-il mener à un engagement plus grand pour rendre présente dans toutes les réalités humaines l’oeuvre de rédemption du Christ. L’amour de l’Eucharistie doit pousser à mettre en pratique les exigences de justice, de fraternité, de service, d’égalité entre les hommes" (Jean-Paul II, Congrès International Eucharistique de Séville 1993)

 

files/adoration eucharistique/Candle.gifLe père Thomas Philippe, fondateur de l'Arche avec Jean Vanier rappelle comment évangéliser les petits et les pauvres à partir de l'Eucharistie: "Pour évangéliser un tout petit, il faut d'abord prier avec lui et non pas faire semblant de prier, par une sorte de condescendance. Il faut être redevenu soi-même tout petit et adorer en esprit et en vérité... La prière d'adoration, pour la personne handicapée comme pour le petit enfant est la première forme de prière, la plus contemplative mais en même temps la plus simple et la plus primitive... L'adoration n'est pas quelque chose de mental, cela implique tout l'être toute une attitude du corps. Le tout petit enfant cesse de se traîner par terre à ce moment-là; il se prosterne, il joint les mains, tout naturellement. Ici, le tout petit enfant ne s'arrête plus aux merveilles de Dieu. C'est le Mystère de Dieu qu'il atteint. Ce sont les Personnes divines."

 

"Les problèmes qui assombrissent notre horizon actuel sont nombreux... C'est dans ce monde que doit jaillir de nouveau l'espérance chrétienne! C'est aussi pour cela que le Seigneur a voulu demeurer avec nous dans l'Eucharistie, en inscrivant dans la présence de son sacrifice et de son repas la promesse d'une humanité renouvelée par son amour. De manière significative, là où les Évangiles synoptiques racontent l'institution de l'Eucharistie, l'Évangile de Jean propose, en en illustrant ainsi le sens profond, le récit du « lavement des pieds », par lequel Jésus se fait maître de la communion et du service (cf. Jn 13, 1-20). De son côté, l'Apôtre Paul déclare «indigne» d'une communauté chrétienne la participation à la Cène du Seigneur dans un contexte de divisions et d'indifférence envers les pauvres (cf. 1 Co 11, 17-22. 27-34). Proclamer la mort du Seigneur « jusqu'à ce qu'il vienne » (1 Co 11, 26) implique, pour ceux qui participent à l'Eucharistie, l'engagement de transformer la vie, pour qu'elle devienne, d'une certaine façon, totalement « eucharistique ». Ce sont précisément ce fruit de transfiguration de l'existence et l'engagement à transformer le monde selon l'Évangile qui font resplendir la dimension eschatologique de la Célébration eucharistique et de toute la vie chrétienne: « Viens, Seigneur Jésus! » (Ap 22, 20)." (Jean-Paul II, dans Ecclesia de Eucharistia, 20)

 

files/adoration eucharistique/Charity.gifEucharistie et prochain : Le sens authentique de l'Eucharistie devient, de soi, une école d'amour effectif envers le prochain. Nous savons que tel est l'ordre véritable et intégral de l'amour que le Seigneur nous a enseigné : “A ceci, tous vous reconnaîtront pour mes disciples, à cet amour que vous aurez les uns pour les autres.” L'Eucharistie nous éduque plus profondément à cet amour. Elle nous montre en effet la valeur aux yeux de Dieu de tout être humain, notre frère et notre soeur, si le Christ s'offre lui-même pareillement à chacun, sous les espèces du pain et du vin. Si notre culte eucharistique est authentique, il doit faire croître en nous la conscience de la dignité de tout homme. La conscience de cette dignité devient le motif le plus profond de notre rapport avec le prochain. Nous devons aussi devenir particulièrement sensibles à toutes les souffrances et à toutes les misères humaines, à toutes les injustices et à tous les torts, en cherchant le moyen d'y remédier de manière efficace. Nous apprenons à découvrir avec respect la vérité sur l'homme intérieur, parce que cet intérieur de l'homme devient précisément la demeure de Dieu présent dans l’Eucharistie. Le Christ vient dans les coeurs et visite la conscience de nos frères et de nos soeurs. Comme change l'image de tous et de chacun quand nous prenons conscience de cette réalité, quand nous en faisons l'objet de nos réflexions ! Le sens du mystère eucharistique nous pousse à aimer le prochain, à aimer tout homme.(Jean-Paul II, Dominicae cenae : “Le mystère et le culte de la sainte Eucharistie”, 1980)

 

"La proximité avec le Christ, dans le silence de la contemplation, n’éloigne pas de nos contemporains mais, au
contraire, elle nous rend attentifs et ouverts aux joies et aux détresses des hommes, et elle élargit le cœur aux dimensions du monde. Elle nous rend solidaires de nos frères en humanité, particulièrement des plus petits, qui sont les bien-aimés du Seigneur" (Jean-Paul II, Lettre à Mgr Houssiau, 1994)

 

"L’Heure Sainte devant l’Eucharistie doit nous conduire à l’heure sainte avec les pauvres."Mère Teresa

Jésus est le premier pauvre à aimer (Pascal Pingault, communauté du Pain de Vie)

 

3.c. Restauration - Civilisation de l'Amour

 

Notre adoration pousse le Cœur de Jésus à accomplir sa promesse de restauration universelle: « Voici je fais toutes choses nouvelles. » (Ap 21, 5)

 

Notre Seigneur Jésus ressuscité a deux trônes:

un de gloire et de majesté au ciel, à la droite du Père (Ap 4);

un d'humilité et de douceur au Saint-Sacrement (Ap 5).

Il a deux cours :

une au ciel avec les anges et les saints;

une sur terre formée de ceux qui le reconnaissent et l'adorent au Saint-Sacrement.

 

Par l'Eucharistie, la liturgie terrestre est une participation à la liturgie céleste. L'Eucharistie est le 'ciel sur terre'. (Cf Ap 4 et 5)

 

Dans ses écrits, saint Pierre-Julien Eymard décrit les trois 'milices' de notre Seigneur, insistant sur la plus noble des trois : la 'milice' eucharistique. Par le mot "milice", qui doit se comprendre dans le contexte de l'époque, le père Eymard évoque les adorateurs qui entourent notre Seigneur au Saint-Sacrement, lui donnant l'amour, l'honneur et la gloire qui lui reviennent comme Roi. Comme saint Paul qui emploie un vocabulaire militaire (par exemple lorsqu'il parle du 'bon combat' à mener pour le salut des âmes dans les épîtres à Timothée), saint Eymard utilise un vocabulaire similaire pour exprimer le zèle, l'ardeur, le feu que doivent animer le coeur des vrais adorateurs du Saint-Sacrement. Tout vient du Christ, tout doit lui servir et procurer la gloire de sa personne dans l'Eucharistie. Il s'agit donc de 'servir et combattre' pour attirer les âmes autour de notre Seigneur au Saint-Sacrement. L'indifférence envers la personne de Jésus au Saint-Sacrement: voilà le plus grand mal de notre temps. Le texte suivant reprend les paroles de saint Eymard lors de la Grande Retraite de 1865 prêchée à Rome (cliquez ici). 

 

Jésus au Saint-Sacrement est Roi, mais un Roi désarmé qui ne s'impose pas par la force. Un Roi sans glaive, qui ne compte que sur les consciences, et dont le simple service, libre et volontaire, suffit pour régler et purifier les moeurs, améliorer progressivement les institutions sociales. Il est un Roi qui laisse pleine liberté à ses sujets, un Roi dont le Règne est si doux, qu'on puisse dire, en un sens, qu'il ne gouverne pas, mais que le Règne appartient à ceux qui le servent: SERVIR DIEU, C’EST REGNER.

 

"Jour et nuit, il est au milieu de nous et habite avec nous, plein de grâce et de vérité; il restaure les mœurs, nourrit files/adoration eucharistique/Night_stars.gifles vertus, console les affligés, fortifie les faibles et invite instamment à l'imiter tous ceux qui s'approchent de lui, afin qu'à son exemple ils apprennent la douceur et l'humilité de cœur, qu'ils sachent chercher non leurs propres intérêts mais ceux de Dieu" (Paul VI, Mysterium Fidei)

 

Dans les paragraphes suivants, le père Eymard estime que la société, dans ses structures les plus profondes, sera progressivement renouvelée lorsque ses membres se rassembleront autour de ce Roi, présent au Saint-Sacrement, doux et humble de Coeur. Plus la foi et la piété d'un peuple se portent sur le culte de l'Eucharistie, plus elle en reçoit la lumière, la chaleur et son salut. Le Père Eymard parlait de "Règne social" ou de "siècle de l'Eucharistie":

 

« Nous ne craignons pas de l'affirmer, le culte de l'Exposition est le besoin de notre temps... Il est nécessaire pour sauver la société. La société se meurt, parce qu'elle n'a plus de centre de vérité et de charité. Plus de vie de famille: chacun s'isole, se concentre, veut se suffire. Mais la société renaîtra, pleine de vigueur, quand tous ses membres viendront se joindre autour de Notre Emmanuel. Les rapports d'esprit se réformeront tout naturellement, sous une vérité commune : les liens de l'amitié vraie et forte se renoueront sous l'action d'un même amour. » « Le grand mal du temps, c'est qu'on ne va pas à Jésus-Christ. On délaisse le seul fondement, la seule loi, la seule grâce de salut. »

 

« Remonter à la source de la vie, à Jésus, et non pas seulement à Jésus de passage en Judée, ou à Jésus glorifié dans le Ciel, mais encore et surtout à Jésus dans l'Eucharistie. Il le faut faire sortir de sa retraite, pour qu'il se mette de nouveau à la tête de nos sociétés chrétiennes, qu'il dirigera, qu'il sauvera. Il faut Lui reconstruire un palais, un trône royal, une cour de fidèles serviteurs, une famille d'amis, un peuple d'adorateurs. »

 

Mais il ne suffisait pas à saint Eymard d'installer sur la terre un organisme qui relèverait partout le Cénacle et le Trône pacifique du Roi des hommes par le spectacle de l'Adoration perpétuelle. Il fallait surtout relever le Trône dans les âmes. Ce règne est une lumière: il faut que les âmes en soient éclairées ; c'est une vertu, c'est la vertu, c'est la grâce totale: il faut qu'elle coule dans les coeurs. Le vrai temple, le vrai tabernacle, le trône du Roi, c'est l'âme humaine, où doit s'organiser le service intérieur de l'Eucharistie. C'est alors que chaque âme deviendra une capitale, une Cité divine, où la volonté du Père est faite comme au Ciel... Une nation sainte, un sacerdoce royal. - Servir Dieu, c'est régner.

 

files/adoration eucharistique/Statue_Jesus.gif«... Qu'est-ce que je vous ai souhaité cette année ? Vous le savez bien: le règne Eucharistique de Notre Seigneur en vous. Remarquez bien que je ne dis pas la dévotion, la vertu, l'amour même; mais le règne, c'est-à-dire le don de tout vous-même à ce bon Maître pour être sa chose, son champ, son coeur, sa vie, et même sa mort. Il faut absolument en venir là, autrement vous ne seriez que comme le bois qu'on approche assez du foyer pour être desséché; mais il peut fumer, pleurer, crier, être chaud: il ne brûle pas, s'il n'est dans le foyer... Allons, vous savez bien qu'on n'allume pas une bougie à un courant d'air, mais à la flamme elle-même. Et vous, que m'avez-vous souhaité ? l'amour de mon Maître? mais je crois l'aimer. Son Paradis? pas encore; j'ai encore de qui souffrir... Souhaitez-nous le cénacle véritable... puis, le cénacle intérieur; alors, je suis content. » (8 janvier 1864).

 

Que subsiste-t-il à présent de cette revendication, parfois teintée de nostalgies évidentes, d'un «règne du Coeur de Jésus» ? Au lieu du concept triomphal d'un «règne social de Jésus-Christ », aisément travesti en restauration théocratique, celui, plus recevable aujourd'hui, d'une «civilisation de l'amour», dont la semence sera discrètement, si elle doit jamais advenir, le Coeur, enfoui au coeur du monde, du Rédempteur de l'homme. Inauguré par Paul VI le 8 décembre 1975, ce thème prophétique imprègne en profondeur la pensée politique de son successeur; et celui-ci ne manque aucune occasion d'inviter notre actuelle société permissive à transiter vers cette «civilisation de la vérité et de l'amour», qui, seule, pourra donner son véritable contenu à la liberté humaine.

 

Plus de références sur ce thème de la restauration de la société par l'adoration eucharistique (cliquez ici)...