Fête Dieu

La Fête-Dieu (Corpus Domini)

 

Rituel pour la procession de la Fête-Dieu avec les quatre reposoirs:  cliquez ici.

 

Julienne du mont Cornillon (1256), qui était en adoration devant le tabernacle, vit devant ses yeux, le globe de la lune se déplacer. La lune rayonnait d’une douce lumière mais une ligne noire et obscure déchirait l’astre de la nuit. Ce n’est que deux ans plus tard qu’elle eut la réponse à cette mystérieuse vision, alors qu’elle était en adoration devant le Saint-Sacrement : « Le globe de la lune représente l’Eglise militante et le cycle mystique de l’année chrétienne. La tache qui en défigure la beauté représente l’absence d’une fête principale que Dieu veut voir établir pour honorer le très saint Corps de Jésus-Christ, c’est à dire le Très-Saint-Sacrement de l’autel. Déjà, il est vrai, le Jeudi de la semaine sainte est consacré à la mémoire de l’institution de l’adorable sacrement ; mais en ce temps, d’autres mystères pleins de douleurs empêchent l’Eglise de fêter comme il convient ce Mystère de joie et d’amour. Il faut donc choisir une autre jour où, par une fête solennelle, l’univers entier célèbre dans le triomphe et les chants d’allégresse le Corps sacré de Jésus-Christ. Et voici les raisons de ce culte nouveau : il affermira la foi au Mystère eucharistique, qui devient chaque jour plus languissante et va encore diminuer dans les siècles suivants ; il fera connaître aux chrétiens fidèles la source de vie où ils doivent puiser des forces nouvelles pour faire de plus grands progrès dans la vertu ; enfin le but de cette fête est de réparer par des adorations profondes et des honneurs magnifiques les irrévérences et les injures qui attaquent sans cesse la Majesté divine dans le Sacrement. »

 

Ainsi, le Seigneur dit à soeur Julienne qu'il manquait à l'Église une fête annuelle en l'honneur du Saint-Sacrement de l'autel. Malgré une vive persécution contre soeur Julienne et contre ceux qui souhaitaient que cette fête se répande, le diocèse de Liège l'institua; puis l'Église universelle ajouta cette fête au calendrier liturgique par le pape Urbain IV (ami de Julienne) qui la rendit obligatoire pour l'Église entière en 1264. La décision du pape était confirmée par un prodige eucharistique à Orvietto en 1264. La fête du Très-Saint-Sacrement, appelée dans le langage liturgique, la fête du Corps du Christ, et dans le langage populaire, la Fête-Dieu, est une fête dans laquelle l'Église rend les honneurs publics et solennels à Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie. (Plus d'informations sur Ste Julienne, l'institution de la Fête-Dieu et la bulle Transitus d'Urbain IV)

 

« Qu’en ce jour, les foules empressées du peuple fidèle, accourent dans les temples avec une nouvelle ferveur ; que le clergé et le peuple se lèvent pour faire éclater leur joie dans des cantiques de louanges ; que les cœurs et les désirs, les voix et les lèvres chantent des hymnes joyeux ; que la foi chante, que l’espérance bondisse, que la charité tressaille, que la dévotion applaudisse, que le chœur des prêtres jubile, que l’assemblée des vierges soit remplie de consolation ; que chacun vienne avec un cœur fervent, une volonté empressée, qu’il rende ses devoirs avec zèle, pour célébrer dignement la solennité d’un si grand jour, et puissent tous les enfants du Christ être enflammés d’une telle ardeur pour son service, qu’augmentant de jour en jour le trésor de leurs mérites, ils soient jugés dignes de recevoir comme leur récompense, au terme de leur course, Celui qui sur la croix se livra pour leur rédemption, et dans le Sacrement se donne à eux en nourriture » (Extrait de la Bulle d'Urbain IV pour l'institution de la Fête-Dieu dans l'Eglise universelle, 1264)

 

Jean XXII, en 1318 ordonna de compléter la fête par une procession solennelle où le très Saint-Sacrement serait

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en triomphe. On fait une procession solennelle le jour de la Fête-Dieu pour sanctifier et bénir, par la présence de Jésus-Christ, les rues et les maisons de nos villes et de nos villages. Saint Thomas d'Aquin prépara la liturgie de cette fête (Lauda Sion Salvatorem et Pange Lingua Gloriosi) qui permirent aux fidèles une catéchèse simple et belle sur la Présence Réelle). Cet office contient "oculi omnium" "aux yeux de tous", faisant penser à une ostension de l'Hostie où il est question des "yeux des fidèles" espérant recevoir de Dieu la nourriture de leurs âmes. Au moins trois monstrances eucharistiques datent du XIIIème siècle, mais elles auraient servi à l'exposition d'Hosties miraculeuses. Les fidèles étaient fort curieux de contempler à loisir les hosties privilégiées... Cette forme d'exposition fut en usage avant d'être rattaché à la Fête-Dieu. L'influence de sainte Gertrude d'Hefta, grande mystique allemande, contribua à l'exposition du Saint-Sacrement dans de nombreuses églises. On utilise des monstrances ou reliquaires, desquelles on enlève les reliques du saint et que l'on remplace par l'Hostie consacrée pour être contemplée et adorée...

 

 

Les processions du Saint-Sacrement s'inspirent de 1 Roi 8, lorsque Salomon fit transporter l'Arche au Temple. Dès 675,
on fit une procession du Saint-Sacrement du Tabernacle. Ces processions du tabernacle étaient courantes et avaient lieu le dimanche ou pendant le Tridium au XIème siècle.

 

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Sainte Thérèse de Lisieux "Quelle joie de semer des fleurs sous les pas du bon Dieu! Mais avant de les y laisser tomber, je les lançais le plus haut que je pouvais et je n'étais jamais aussi heureuse qu'en voyant mes roses effeuillées toucher l'Ostensoir sacré."

 

"Si quelqu’un dit que, dans le Saint-Sacrement de l’Eucharistie, le Christ, Fils de Dieu, ne doit pas être adoré d’un culte de latrie, même extérieur et que, en conséquence, il ne doit pas être vénéré par une célébration festive particulière, ni être porté solennellement en procession selon le rite et la coutume louables et universels de la Sainte Église, ni être proposé publiquement à l’adoration du peuple, ceux qui l’adorent étant des idolâtres : qu’il soit anathème..." (Concile de Trente, XIII session, 11 oct 1551)

 

Le culte eucharistique s'est développé de plus en plus depuis le XIVème siècle. À ce moment, l'Ostensoir apparaît en Allemagne et en France où l'hostie consacrée est exposée à l'adoration des fidèles. La pratique courante de l'exposition date de la période de l'instauration de la Fête-Dieu.

 

Audience générale du Benoit XVI sur Sainte Julienne de Cornillon (17 novembre 2010) : cliquez ici.

 

"Se tenir devant le Seigneur, marcher avec le Seigneur, se mettre à genoux devant le Seigneur", "Dieu nous est proche", Benoit XVI sur la Fête-Dieu : Cliquez ici.

 

Rituel pour la procession de la Fête-Dieu avec les quatre reposoirs : cliquez ici.

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