La « communion spirituelle » ou « communion de désir » ?

Traditionnellement, lorsqu’il n’est pas possible de recevoir sacramentellement la sainte Hostie, quelle qu’en soit la raison (impossibilité canonique, maladie ou vieillesse, intempérie…), le Seigneur se donne spirituellement au fidèle par une prière adéquate. Pour cela, il faut poser non seulement un acte de foi en la présence réelle, mais aussi exprimer son désir de recevoir spirituellement la sainte hostie dans son cœur…

Le Concile de Trente définit la communion spirituelle ainsi : « Elle consiste dans un ardent désir de se nourrir du Pain céleste, avec une foi vive qui agit par la charité et qui nous rend participants des fruits et des grâces du Sacrement » (Session XIII, ch. 8). Les fruits sont les mêmes que ceux de la Communion Sacramentelle. Résumons-les en quatre mots avec Saint Thomas : « Comme l’autre communion… elle soutient, fortifie, répare et réjouit ».

Voici une prière type : « Mon Jésus, je crois que vous êtes ici présent dans le Saint-Sacrement. Je vous aime par-dessus toute chose et je désire ardemment vous recevoir dans mon âme. Puisque je ne puis, à cette heure, vous recevoir sacramentellement, venez au moins spirituellement dans mon cœur ».

L’adoration eucharistique est une forme de communion spirituelle, car elle suscite le désir de s’unir au Christ par le sacrement de l’Eucharistie, et cela en contemplant la sainte hostie avec une foi vive ! Dans ce sens, saint Jean-Paul II invitait les divorcés remariés, ou les autres personnes qui ne peuvent recevoir la communion sacramentelle, à l’adoration eucharistique comme manière de communier spirituellement à l’Eucharistie : « Quand nous le contemplons présent au Saint-Sacrement de l’autel, le Christ se fait proche de nous et plus intime à nous-mêmes : il nous donne part à sa vie divine dans une union transformante et, par l’Esprit, il nous ouvre l’accès au Père, comme il le disait lui-même à Philippe : ‘Qui m’a vu a vu le Père’ (Jn 14, 9). La contemplation, qui est aussi une communion de désir, nous associe intimement au Christ et elle associe de manière toute spéciale ceux qui sont empêchés de le recevoir » (Saint Jean-Paul II, Lettre à Mgr Houssiau, 28 Juin 1996).