Grâces paroissiales

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En renouvelant le cœur des paroissiens, l’adoration les pousse à s’engager davantage dans leur communauté et à devenir des « disciples missionnaires » (pape François).

Si notre Église devient authentiquement eucharistique, elle sera une Église missionnaire. Nous aussi, nous devons pouvoir dire à nos frères avec conviction : « Ce que nous avons contemplé, ce que nous avons entendu, nous vous l’annonçons à vous aussi, pour que, vous aussi, vous soyez en communion avec nous » (1 Jn 1, 3).

Benoit XVI, Exhortation Apostolique, ‘Sacramentum Caritatis’, n. 84, 2007

1. Foyer de prière au cœur de la paroisse

L’adoration perpétuelle est un foyer de prière, un oasis de vie divine au cœur de la paroisse.

La chapelle d’adoration est devenue un vrai ‘foyer de prière’ depuis déjà plusieurs années. Notre communauté chrétienne est comblée. Je crois que l’adoration perpétuelle eucharistique est le plus noble et pourtant le plus facile accomplissement de ma vie de prêtre. Les bienfaits sont nombreux et l’effort de ma part est minime. Ce que je peux faire de mieux pour mes paroissiens est de les aider à grandir spirituellement… L’adoration perpétuelle rend Jésus présent tout le temps, pour tous et chacun. Il est vraiment là en personne pour chacun de nous.

Un curé de paroisse qui a lancé l’adoration perpétuelle

Jour et nuit il est au milieu de nous et habite avec nous, plein de grâce et de vérité ; il restaure les mœurs, nourrit les vertus, console les affligés, fortifie les faibles et invite instamment à l’imiter tous ceux qui s’approchent de lui, afin qu’à son exemple ils apprennent la douceur et l’humilité de cœur, qu’ils sachent chercher non leurs propres intérêts mais ceux de Dieu. Ainsi quiconque aborde le vénérable Sacrement avec une dévotion particulière et tâche d’aimer d’un cœur généreux le Christ qui nous aime infiniment, éprouve et comprend à fond, non sans joie intime ni sans fruit, le prix de la vie cachée avec le Christ en Dieu ; il sait d’expérience combien cela en vaut la peine de s’entretenir avec le Christ ; rien de plus doux sur terre, rien de plus apte à faire avancer dans les voies de la sainteté.

Saint Paul VI, « Mysterium Fidei », 1965

2. Fécondité apostolique

Dans la Sainte Eucharistie, – c’est aussi le sens de l’adoration perpétuelle -, nous entrons dans ce mouvement de l’amour d’où découle tout progrès intérieur et toute fécondité apostolique : « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » (Jn 12, 32).

Saint Jean-Paul II, Montmartre, 1980

L’Eucharistie est la source de la vie divine, une fontaine débordante de richesses spirituelles. « En lui habite corporellement la plénitude de la divinité » (Ph 2, 9). Dans la sainte Hostie, Jésus se fait pauvre, par amour pour nous, se dépouillant de gloire et majesté, pour nous enrichir de sa grâce et nous revêtir de sa gloire (cf. 2 Cor 8, 9 ; Ph 2, 8) chaque fois que nous venons à lui au Saint-Sacrement.

Jésus promet l’eau vive découlant de son cœur à ceux qui viennent en sa présence (Jn 7, 37). Cette eau vivifie la communauté paroissiale, la rendant plus apte à la mission, donnant ainsi aux activités pastorales une plus grande fécondité.

Aussi, par l’adoration prolongée, la paroisse est ancrée solidement sur le Christ, le Bon Pasteur des âmes, qui bénit et donne la fécondité aux initiatives pastorales et caritatives.

Jésus prêchait le jour, la nuit il priait. Il devait acquérir ses disciples de Dieu. C’est toujours valable. Nous ne pouvons pas gagner les hommes par nous-mêmes. Nous devons les obtenir de Dieu pour Dieu. Toutes les méthodes sont vides sans le fondement de la prière. La parole de l’annonce doit toujours baigner dans une intense vie de prière.

Cardinal Joseph Ratzinger : ‘la nouvelle évangélisation’ (8-10 décembre 2000))

3. Une école de ferveur et de fidélité dans la prière.

Lorsqu’une paroisse organise l’adoration perpétuelle, chaque paroissien est invité à venir régulièrement adorer le Saint-Sacrement. Par cet engagement hebdomadaire, on constate les fruits suivants:

  • Fidélité à la prière malgré les temps d’aridité, de sécheresse spirituelle inévitables.
  • Se libérer d’une démarche trop sensible ou sentimentale pour entrer dans une adoration « en esprit et en vérité ».
  • Assurer une présence d’Église au pied de la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie en étant gardien du Saint-Sacrement.

« Les grands maîtres spirituels soulignent que tout progrès spirituel nécessite une régularité, une fidélité et une ascèse. Le rythme d’une heure d’adoration par semaine nous permet de rentrer dans un emploi du temps hebdomadaire qui convient bien à chacun. Il permet de placer Jésus avant toute activité, comme dans l’évangile de Marthe et Marie, où Jésus nous rappelle, à travers le témoignage de Marie assise aux pieds du Seigneur, qu’une seule chose est nécessaire, ou à Gethsémani, quand Jésus demande à Pierre : « Simon tu dors ? Tu n’as pas eu la force de veiller une heure ? » (Mc 14, 38) »

Père Michel Pieron, curé de Vichy, 2005

4. Grâces d’unité et de communion

Dans le prolongement de la messe, l’adoration permanente suscite des liens spirituels forts entre les adorateurs qui se succèdent ou se remplacent. En plus, des paroissiens de sensibilités spirituelles différentes, qui se rencontrent rarement à la messe, sont appelés à collaborer pour assurer les relais de la chaîne d’adoration…

La paroisse St Louis-St Blaise expérimente des grâces de charité puisées dans l’adoration eucharistique : des liens se tissent ou se resserrent, les paroissiens sont plus attentifs les uns aux autres, plus solidaires. Jésus au Saint-Sacrement bouleverse le cœur de la paroisse et l’ouvre peu à peu à la mission que nous sommes en train de mettre en route. Grâce à cette chaîne de prière ininterrompue, tous les groupes de la paroisse se trouvent rassemblés dans la prière. Dans l’exercice de mon ministère, je sais qu’à chaque instant, un paroissien prie pour la paroisse et son curé. Lors du premier anniversaire de l’adoration perpétuelle, nous étions plus de deux cents à assister à la conférence. C’est dire combien les paroissiens ont à cœur de faire corps autour de Jésus-Eucharistie. Je suis touché de cette fidélité de mes paroissiens à leur engagement dans la prière. Elle est tellement belle !

Père Michel Pieron, curé de Vichy, 2005

5. Charité et service

Plusieurs paroisses, ayant lancé l’adoration perpétuelle, ont ressenti le besoin d’organiser conjointement un centre d’accueil, d’écoute ou d’entraide. En discernant sous les apparences du pain la présence du Christ ressuscité, nous recevons la grâce de reconnaitre le Christ dans son prochain, quel qu’il soit, même « sous le masque affligeant du plus pauvre » (Ste Teresa de Calcutta). Par exemple, la paroisse St Patrick à Londres offre un service d’écoute téléphonique permanent. Les écoutant restent en prière devant le Saint-Sacrement dans une chapelle spécialement aménagée pour cela.

La proximité avec le Christ, dans le silence de la contemplation, n’éloigne pas de nos contemporains mais, au contraire, elle nous rend attentifs et ouverts aux joies et aux détresses des hommes, et elle élargit le cœur aux dimensions du monde. Elle nous rend solidaire de nos frères en humanité, particulièrement des plus petits, qui sont les bien-aimés du Seigneur.

Saint Jean-Paul II, Lettre à Mgr Houssiau, 28 Juin 1996

Chaque jour, nous exposons le Saint-Sacrement. Nous avons ressenti un amour plus profond pour le Christ à travers le masque affligeant des pauvres. Nous avons pu mieux nous connaître et mieux connaître le pauvre comme témoignage concret de Dieu…

L’Heure Sainte devant l’Eucharistie doit nous conduire à l’heure sainte avec les pauvres.

Sainte Teresa de Calcutta

6. Vocations sacerdotales et appel à la sainteté

En vivant de l’Eucharistie, celui qui se met au service de l’Évangile chemine dans l’amour de Dieu et du prochain. Il contribue ainsi à construire l’Église comme communion. L’amour eucharistique motive et fonde l’activité vocationnelle de toute l‘Église. Certains sont renouvelés dans leur grâce baptismale et souhaitent s’engager dans leur paroisse ou servir les plus pauvres ; d’autres reçoivent l’appel pour suivre le Christ dans le célibat consacré.

« Dans l’intimité de l’Eucharistie, certains découvrent qu’ils sont appelés au ministère de l’Autel, d’autres à contempler la beauté et la profondeur de ce mystère, d’autres à faire retomber cet élan d’amour sur les pauvres et les faibles, et d’autres encore à en recueillir la puissance transformante dans les réalités et les gestes de la vie quotidienne. Chaque croyant trouve dans l’Eucharistie non seulement la clé d’interprétation de son existence mais le courage pour la réaliser afin qu’il puisse construire, dans la diversité des charismes et des vocations, l’unique Corps du Christ dans l’histoire.

Saint Jean-Paul II, lettre aux prêtres, Jeudi Saint 2000

Plusieurs évêques témoignent que les vocations sacerdotales dans leur diocèse ont abondé depuis qu’ils ont instauré l’adoration continue.

Un jeune prêtre Vietnamien qui exerçait son ministère à Singapour dans une petite paroisse raconte : « Célébrant la messe d’un dimanche de carême, je fus frappé par le nombre important de catéchumènes : quatre-vingts jeunes entre 18 et 35 ans. A la fin de la messe, ce jeune prêtre me fait visiter sa paroisse et je remarque, à côté de l’église, une petite salle climatisée, remplie de fleurs. Le Saint-Sacrement y est exposé jour et nuit, comme dans la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre, et il y a toujours une quinzaine de personnes. Ce vicaire disait que le nombre de catéchumènes était lié à cette adoration. En effet, interrogeant ces jeunes qui lui demandaient le baptême, tous répondaient que depuis des mois, la nuit, ils venaient prier le Saint-Sacrement, sans très bien savoir ce qu’ils faisaient, mais ils étaient attirés par cette Présence. Oui, l’adoration attire, parce que tout homme a en lui ce désir de voir Dieu.

Mgr Patrick Chauvet, « Il est là ! L’adoration eucharistique », p. 92. Saint-Maur, Parole et Silence, 2008.

Ce n’est pas avant 1973, année où nous avons commencé l’heure sainte quotidienne, que notre communauté s’est mise à croître et à fleurir…

Sainte Teresa de Calcutta

7. Maternité spirituelle pour les vocations

Pour susciter des saintes vocations religieuses et sacerdotales, la Congrégation du Clergé encourage la pratique de l’adoration continue dans les diocèses.

L’urgence se fait jour d’ « un mouvement de prière qui place en son centre l’Adoration eucharistique continue sur la durée de vingt-quatre heures, de manière que de tout angle de la terre, s’élève toujours à Dieu une prière d’adoration, d’action de grâce, de demande et de réparation, avec le but principal de susciter un nombre suffisant de saintes vocations au sacerdoce et, également, d’accompagner spirituellement au niveau du Corps mystique, avec une sorte de maternité spirituelle, ceux qui sont déjà appelés au sacerdoce ministériel… »

Lettre du Cardinal Hummes, préfet de la congrégation pour le Clergé, 8 décembre 2007

Une paroisse qui adore jour et nuit le Saint-Sacrement obtient des grâces de maternité spirituelle. Elle ‘enfante’ pour l’Église de saintes vocations sacerdotales et religieuses et obtient pour eux des grâces de sanctification. Par l’adoration continue, la paroisse devient l’épouse qui s’unit à l’époux, Jésus dans l’Hostie. L’Eucharistie est le banquet de noces où le Christ donne à son Église les vocations dont elle a besoin pour annoncer le salut à toutes les nations. Oui, les vocations sacerdotales s’obtiennent à genoux, devant le Seigneur dans l’Eucharistie.

8. Former des disciples missionnaires

Dans l’évangile, « Jésus gravit la montagne et il appelle à lui ceux qu’il voulait. Ils vinrent à lui, et il en institua Douze pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher » (Mc 3, 13-14). Ici, l’adoration, c’est le ‘venir à lui’. L’évangélisation, c’est le ‘être envoyé vers’. Avant ‘d’aller vers’ les autres au nom de Jésus, il faut d’abord ‘venir à’ Jésus. Evangéliser sans adorer, c’est du prosélytisme. Adorer sans évangéliser, c’est de l’évasion.

Tout engagement vers la sainteté, toute action visant à l’accomplissement de la mission de l’Église, toute mise en œuvre de plans pastoraux, doit puiser dans le mystère eucharistique la force nécessaire et s’orienter vers lui comme vers le sommet. Dans l’Eucharistie, nous avons Jésus, nous avons son sacrifice rédempteur, nous avons sa résurrection, nous avons le don de l’Esprit Saint, nous avons l’adoration, l’obéissance et l’amour envers le Père. Si nous négligions l’Eucharistie, comment pourrions-nous porter remède à notre indigence.

Saint Jean-Paul II, Lettre encyclique ‘Ecclesia de Eucharistia’, n. 60, 2003

Beaucoup de paroisses s’engagent avec ardeur dans la ‘Nouvelle Évangélisation’ ! Il peut être bon de s’inspirer des méthodes efficaces développées par les églises évangéliques. Néanmoins pour nous Catholiques, la source de la vie divine et donc de la fécondité apostolique, se trouvent dans le sacrement de l’Eucharistie !

Quand on veut donner un mouvement plus puissant, on double, triple, on centuple la puissance du moteur. Le moteur divin, c’est l’amour, l’amour eucharistique.

Saint Pierre-Julien Eymard

La communauté qui ne sait pas faire ce choix (de l’adoration) dans la foi, ne pourra jamais voir de fruits durables, qu’il s’agisse d’une croissance spirituelle ou de l’augmentation du nombre de ses membres, et exposera ses initiatives pour louables qu’elles soient, à un échec. Nous ne répéterons jamais assez que ce choix pastoral doit précéder et alimenter tous les autres. La louange et l’adoration forment un rempart extraordinaire contre les tentations auxquelles une communauté qui grandit se trouve confrontée. Quiconque aura passé son heure d’adoration au service de la communauté et à prier avec amour pour les frères qu’il est en train d’évangéliser, en sortira revivifié ayant obtenu la vision même de Jésus sur les circonstances qui l’entourent. En outre, il sera peu à peu guéri de ses blessures intérieures, parce qu’il aura fait l’expérience de l’amour de Dieu et continuera à la faire.

Don Giuseppe Macchioni, ‘Evangéliser en Paroisse’, p. 76, Ed des Béatitudes, 2009

Déjà 5 ans que notre paroisse vit de l’adoration perpétuelle. Quel magnifique cadeau pour une paroisse ! C’est la plus grande grâce qui soit parce que Jésus est aimé au Saint-Sacrement. Heure après heure, jeunes et adultes de la paroisse viennent à la source de l’amour et repartent dans leur journée, remplis de force, de joie et de paix. L’adoration sur notre paroisse a permis de développer ce grand courant de prière et de donner à beaucoup la persévérance dans la fidélité. De plus, comment penser évangéliser si nous ne commençons pas par nous mettre à genoux ? Adoration et évangélisation sont deux mots qui riment ensemble. C’est pourquoi l’adoration et les cellules paroissiales d’évangélisation mises en place sur notre paroisse forment un couple inséparable.

P. Bertrand Lorentz, curé à Sanary sur Mer

De même que sur un bateau de croisière, chacun ressent nuit et jour le moteur propulsant le bateau vers l’avant, de même lorsqu’une paroisse vit la grâce de l’adoration perpétuelle, à chaque heure du jour et de la nuit, un paroissien s’unit au Cœur de Jésus dans l’Eucharistie, véritable moteur spirituel de la paroisse. Alors ce Cœur déverse en abondance sa lumière et sa miséricorde divine sur l’Église et le monde…

Témoignage d’un adorateur nocturne au Texas

9. Adoration dans le milieu rural

L’adoration continue favorise d’une part l’ouverture des clochers. Chaque communauté locale s’engage à assurer quelques heures d’adoration hebdomadaire dans son village. Si une paroisse comprend plusieurs villages, le tout est organisé de sorte que lorsque l’adoration se termine sur un clocher, un autre clocher prend le relais. Et ainsi de suite… De cette manière, le Saint-Sacrement est toujours adoré dans un lieu…

Aussi, on ‘fait vivre’ les différents clochers en les ouvrant chaque semaine pendant quelques heures pour l’adoration. « Ma maison sera une maison de prière » (Jn 2, 17) et non un musée ni un lieu ouvert seulement pour une messe mensuelle…

10. Éviter des profanations ou des dégradations

Les exemples sont nombreux où un adorateur, priant devant le Saint-Sacrement dans le cadre de l’adoration perpétuelle, a empêché une intrusion dans l’église ou des profanations. Voici quelques lignes du Télégramme, revue laïque de Bretagne…

Ils voulaient ‘défendre’ des ‘valeurs anticléricales’ en s’en prenant à l’église Saint-Pie-X à Vannes. Ils devront finalement méditer leurs gestes d’ici le 1er juin prochain, date de leur comparution devant le tribunal correctionnel de Vannes… À l’issue d’une soirée bien arrosée passée chez l’un d’eux, trois étudiants et un employé ont pris la direction de l’église, le siège d’une des paroisses de Vannes. Équipés d’une bombe de peinture rouge, ils auraient dégradé l’édifice d’une dizaine de tags par le biais d’insultes. La police les a interpellés vers 1h30 du matin, alors qu’ils se dirigeaient vers le centre-ville… Ce sont des fidèles pratiquant «l’adoration perpétuelle» dans une chapelle de cette église qui ont averti la police des méfaits en cours à l’extérieur de l’édifice…

letelegramme.com, Morbihan, 6 avril 2011

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