Grâces paroissiales

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En renouvelant le cœur des paroissiens, l’adoration les pousse à s’engager davantage dans leur communauté paroissiale. Une communauté est d’abord constituée de personnes qui nourrissent leur vie baptismale par une intense vie eucharistique.

Foyer de prière

Un curé rappelle que l’adoration nourrit et fortifie la foi : « Le Seigneur a toujours exaucé les prières des adorateurs et il continue à le faire. La chapelle d’adoration est devenue un vrai ‘foyer de prière’ depuis déjà plusieurs années. Notre communauté chrétienne est comblée. Je crois que l’adoration perpétuelle eucharistique est le plus noble et pourtant le plus facile accomplissement de ma vie de prêtre. Les bienfaits sont nombreux et l’effort de ma part est minime. Ce que je peux faire de mieux pour mes paroissiens est de les aider à grandir spirituellement… L’adoration perpétuelle rend Jésus présent tout le temps, pour tous et chacun. Il est vraiment là en personne pour chacun de nous ».

Fondement spirituel et fécondité

Il arrive que les paroisses ressemblent à des terres arides dans lesquelles il est difficile de lancer des projets pastoraux nouveaux ou de renouveler ceux qui existent. Par l’adoration continue, Jésus déverse son Esprit sur tous les mouvements de la paroisse, comme des fleuves d’eau vive se déversant de son divin Cœur (cf Jn 7, 37-39). Cette eau vivifie la communauté paroissiale, la rendant plus disponible à la mission, donnant ainsi aux activités pastorales une plus grande fécondité. Aussi, à l’inverse de la girouette qui change sans cesse de direction, par l’adoration, la paroisse est ancrée sur le Christ, le Bon Pasteur des âmes, qui bénit et donne la fécondité aux initiatives pastorales, malgré les changements inévitables de curés, de paroissiens, de mouvements… Jésus célébré et adoré est le Roc sur lequel la paroisse repose… De son Cœur transpercé qui palpite au Saint-Sacrement, jaillit l’Esprit qui arrose spirituellement la terre de la paroisse pour que celle-ci puisse produire des fruits abondants de conversions, d’engagements, de charité…

Grâces d’unité, de charité

Un curé témoigne : « La paroisse St Louis-St Blaise expérimente des grâces de charité puisées dans l’adoration eucharistique : des liens se tissent ou se resserrent, les paroissiens sont plus attentifs les uns aux autres, plus solidaires. Jésus au Saint-Sacrement bouleverse le cœur de la paroisse et l’ouvre peu à peu à la mission que nous sommes en train de mettre en route. Grâce à cette chaîne de prière ininterrompue, tous les groupes de la paroisse se trouvent rassemblés dans la prière. Dans l’exercice de mon ministère, je sais qu’à chaque instant, un paroissien prie pour la paroisse et son curé. Lors du premier anniversaire de l’adoration perpétuelle, nous étions plus de deux cents à assister à la conférence. C’est dire combien les paroissiens ont à cœur de faire corps autour de Jésus-Eucharistie. Je suis touché de cette fidélité de mes paroissiens à leur engagement dans la prière. Elle est tellement belle ! » (Témoignage du père Michel Pieron, curé de Vichy, 2005).

Jésus disait : « Je suis la vigne, vous êtes les sarments, si vous demeurez en moi et moi en vous, vous porterez beaucoup de fruit, mais hors de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5). Ainsi, toute fécondité pastorale trouve sa source dans l’union de la communauté avec le Christ. Puisque l’Eucharistie est le sacrement de la communion avec Dieu et avec le prochain, plus nous vivons de l’Eucharistie, plus notre communion avec le Christ est authentique et par conséquence plus notre charité envers le prochain est concrète.

Bien que la messe soit le premier lieu de rassemblement paroissial, il arrive toutefois que des paroissiens fréquentent uniquement ‘leur messe’ du dimanche (messes des familles, messe des jeunes, messes basses…), ce qui ne favorise pas toujours l’unité et la communion. Par contre, si en plus de la messe, l’adoration permanente est proposée, de nouveaux liens spirituels se créent entre les adorateurs qui se succèdent ou se remplacent. On remarque que les paroissiens de sensibilités spirituelles différentes, qui ne se rencontrent pas à la messe, se lient d’amitié grâce à la chaîne d’adoration… Oui,

« l’Eucharistie édifie l’Église et l’Église fait l’Eucharistie » (Jean-Paul II, lettre encyclique ‘Ecclesia de Eucharistia’, n. 26, 2003).

Vocations

En vivant de l’Eucharistie, celui qui se met au service de l’Évangile chemine dans l’amour de Dieu et du prochain. Il contribue ainsi à construire l’Église comme communion. L’amour eucharistique motive et fonde l’activité vocationnelle de toute l‘Église.

« Dans l’intimité de l’Eucharistie, certains découvrent qu’ils sont appelés au ministère de l’Autel, d’autres à contempler la beauté et la profondeur de ce mystère, d’autres à faire retomber cet élan d’amour sur les pauvres et les faibles, et d’autres encore à en recueillir la puissance transformante dans les réalités et les gestes de la vie quotidienne. Chaque croyant trouve dans l’Eucharistie non seulement la clé d’interprétation de son existence mais le courage pour la réaliser afin qu’il puisse construire, dans la diversité des charismes et des vocations, l’unique Corps du Christ dans l’histoire » (Jean-Paul II, lettre aux prêtres, Jeudi Saint 2000).

Tant d’évêques témoignent que les vocations sacerdotales dans leur diocèse ont abondé depuis qu’ils ont instauré l’adoration continue.

Adoration et charité

Mère Teresa de Calcutta témoigne : « Ce n’est pas avant 1973, année où nous avons commencé l’heure sainte quotidienne, que notre communauté s’est mise à croître et à fleurir ». La bienheureuse distingue trois grâces puisées dans l’adoration eucharistique. Tout d’abord, elle apprend à aimer ses sœurs de l’amour même qui découle de l’Eucharistie. Ensuite, le fait de reconnaître Jésus sous les apparences du pain l’aide à mieux reconnaître le Christ dans le plus pauvre. Enfin l’adoration lui permet de donner aux personnes qu’elle sert, non plus ce qu’elle est ou possède, mais Jésus qui vit en elle.

Dans une lettre, elle écrit : « Chaque jour, nous exposons le Saint-Sacrement, et nous nous sommes aperçues d’un changement dans notre vie. Nous avons ressenti un amour plus profond pour le Christ à travers le masque affligeant des pauvres. Nous avons pu mieux nous connaître et mieux connaître le pauvre comme témoignage concret de Dieu. Depuis que nous avons commencé cette adoration du Saint-Sacrement, nous n’avons pas diminué notre travail, nous y consacrons autant de temps qu’auparavant, mais avec plus de compréhension. Les gens nous acceptent mieux. Ils ont faim de Dieu. Ils n’ont plus besoin de nous, mais de Jésus ».

« L’Heure Sainte devant l’Eucharistie doit nous conduire à l’heure sainte avec les pauvres ».

Dans ce sens, plusieurs paroisses en France ont organisé un centre d’accueil, d’écoute ou d’entraide en lien direct avec la chapelle d’adoration eucharistique. Par exemple, la paroisse St Patrick à Londres offre un service d’écoute téléphonique permanent. Les écoutant restent en prière devant le Saint-Sacrement dans une chapelle spécialement aménagée pour cela. Jean-Paul II écrivait :

« La proximité avec le Christ, dans le silence de la contemplation, n’éloigne pas de nos contemporains mais, au contraire, elle nous rend attentifs et ouverts aux joies et aux détresses des hommes, et elle élargit le cœur aux dimensions du monde. Elle nous rend solidaire de nos frères en humanité, particulièrement des plus petits, qui sont les bien-aimés du Seigneur » (Jean-Paul II, Lettre à Mgr Houssiau, 28 Juin 1996).

Maternité spirituelle

Pour susciter des saintes vocations religieuses et sacerdotales, la congrégation du Clergé encourage la pratique de l’adoration continue dans les diocèses.

Le cardinal Hummes écrivait qu’aujourd’hui, l’urgence se fait jour d’ « un mouvement de prière qui place en son centre l’Adoration eucharistique continue sur la durée de vingt-quatre heures, de manière que de tout angle de la terre, s’élève toujours à Dieu une prière d’adoration, d’action de grâce, de demande et de réparation, avec le but principal de susciter un nombre suffisant de saintes vocations au sacerdoce et, également, d’accompagner spirituellement au niveau du Corps mystique -, avec une sorte de maternité spirituelle ceux qui sont déjà appelés au sacerdoce ministériel… » (Lettre du Cardinal Hummes, préfet de la congrégation pour le Clergé, 8 décembre 2007).

Une paroisse qui adore jour et nuit le Saint-Sacrement obtient des grâces de maternité spirituelle. Elle ‘enfante’ pour l’Eglise de saintes vocations sacerdotales et religieuses et obtient pour eux des grâces de sanctification. Par l’adoration continue, la paroisse devient l’épouse qui s’unit à l’époux, Jésus dans l’hostie. L’Eucharistie est le banquet de noces où le Christ donne à son Église les vocations dont elle a besoin pour annoncer le salut à toutes les nations. Oui, les vocations sacerdotales s’obtiennent à genoux, devant le Seigneur dans l’Eucharistie.

Adoration et évangélisation

Dans l’évangile, « Jésus gravit la montagne et il appelle à lui ceux qu’il voulait. Ils vinrent à lui, et il en institua Douze pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher » (Mc 3, 13-14). Ici, l’adoration, c’est le ‘venir à lui’. L’évangélisation, c’est le ‘être envoyé vers’. Avant ‘d’aller vers’ les autres au nom de Jésus, il faut d’abord ‘venir à’ Jésus. Evangéliser sans adorer, c’est du prosélytisme. Adorer sans évangéliser, c’est de l’évasion. Dans son encyclique sur l’Eucharistie, Jean-Paul II rappelle que

« tout engagement vers la sainteté, toute action visant à l’accomplissement de la mission de l’Église, toute mise en œuvre de plans pastoraux, doit puiser dans le mystère eucharistique la force nécessaire et s’orienter vers lui comme vers le sommet. Dans l’Eucharistie, nous avons Jésus, nous avons son sacrifice rédempteur, nous avons sa résurrection, nous avons le don de l’Esprit Saint, nous avons l’adoration, l’obéissance et l’amour envers le Père. Si nous négligions l’Eucharistie, comment pourrions-nous porter remède à notre indigence » (Jean-Paul II, Lettre encyclique ‘Ecclesia de Eucharistia’, n. 60, 2003).

Nous constatons avec joie qu’aujourd’hui tant de paroisses s’engagent avec ardeur dans la « Nouvelle Evangélisation » ! Mais attention au risque de copier certains groupes évangélistes dans leurs méthodes d’évangélisation ! Sans remettre en cause une certaine efficacité de leurs pratiques, n’oublions pas que, pour nous Catholiques, la source de la vie divine et donc de la fécondité apostolique, se trouve dans le sacrement de l’Eucharistie ! Je n’annonce pas l’évangile individuellement, ou uniquement avec mes propres forces ou mes talents personnels, mais c’est au nom de l’Église, avec la puissance de l’Eucharistie et l’intercession de Marie ! Aujourd’hui, il arrive que certaines méthodes d’évangélisation dans les paroisses catholiques, bien que s’en remettant à l’adoration eucharistique, aient tendance à instrumentaliser cette pratique, de sorte que l’adoration ne soit pas d’abord un acte gratuit offert à Dieu. Mais l’adoration se réduit à une recherche de quelques grâces utiles pour agir plus efficacement. Contre ce risque, le bienheureux Charles de Foucault reste un modèle qui nous invite à entrer dans la pauvreté eucharistique. Il remet au Seigneur la fécondité de sa vie spirituelle, n’attendant rien en retour de son adoration, si ce n’est une charité plus grande pour Dieu et son prochain.

Voici le témoignage du curé qui m’a précédé à Sanary, le P. Bertrand Lorentz : « Déjà 5 ans que notre paroisse vit de l’adoration perpétuelle. Quel magnifique cadeau pour une paroisse ! C’est la plus grande grâce qui soit parce que Jésus est aimé au Saint-Sacrement. Heure après heure, jeunes et adultes de la paroisse viennent à la source de l’amour et repartent dans leur journée, remplis de force, de joie et de paix. L’adoration sur notre paroisse a permis de développer ce grand courant de prière et de donner à beaucoup la persévérance dans la fidélité. De plus, comment penser évangéliser si nous ne commençons pas par nous mettre à genoux ? Adoration et évangélisation sont deux mots qui riment ensemble. C’est pourquoi l’adoration et les cellules paroissiales d’évangélisation mises en place sur notre paroisse forment un couple inséparable ».

Adoration et guérison

« Le soleil de justice brillera avec la guérison dans ses rayons » (Ml 3, 20). Jésus dans l’Eucharistie n’illumine pas uniquement les individus, mais aussi les groupes, les mouvements qui viennent adorer ensemble pour grandir en zèle et en ardeur annoncer l’Évangile. Don Macchioni, pour les cellules paroissiales affirmait :

« La communauté qui ne sait pas faire ce choix (de l’adoration) dans la foi ne pourra jamais voir de fruits durables, qu’il s’agisse d’une croissance spirituelle ou de l’augmentation du nombre de ses membres, et exposera ses initiatives pour louables qu’elles soient, à un échec. Nous ne répéterons jamais assez que ce choix pastoral doit précéder et alimenter tous les autres. La louange et l’adoration forment un rempart extraordinaire contre les tentations auxquelles une communauté qui grandit se trouve confrontée. Quiconque aura passé son heure d’adoration au service de la communauté et à prier avec amour pour les frères qu’il est en train d’évangéliser, en sortira revivifié ayant obtenu la vision même de Jésus sur les circonstances qui l’entourent. En outre, il sera peu à peu guéri de ses blessures intérieures, parce qu’il aura fait l’expérience de l’amour de Dieu et continuera à la faire » (Don Giuseppe Macchioni, ‘Evangéliser en Paroisse’, p. 76, Ed des Béatitudes, 2009).

Adoration dans le milieu rural

Lorsqu’une paroisse est constituée de nombreux clochers, l’adoration sans interruption est difficile à réaliser. Toutefois, la chaine d’adoration peut être prolongée, devenant ainsi une grande source de grâces pour les paroissiens qui n’ont pas la messe chaque semaine dans leur clocher ou qui ne peuvent se déplacer. Beaucoup de paroisses s’organisent ainsi : les clochers principaux sont choisis pour devenir des lieux d’adoration. Chaque communauté locale s’engage à assurer une plage horaire hebdomadaire d’adoration. Le tout est organisé de sorte que lorsque l’adoration se termine sur un clocher, un autre clocher prend le relais. Et ainsi de suite… De cette manière, le Saint-Sacrement est toujours adoré dans un lieu. On fortifie ainsi l’unité de la paroisse avec ses nombreux clochers. Aussi, on ‘fait vivre’ les différents clochers en les ouvrant chaque semaine pendant quelques heures pour l’adoration. « Ma maison sera une maison de prière » (Jn 2, 17) et non un musée ni un lieu ouvert seulement pour une messe mensuelle…

Aussi, plusieurs curés témoignent que la chapelle d’adoration ouverte jour et nuit a permis d’éviter des profanations ou des dégradations.

Les exemples sont nombreux où un adorateur, priant devant le Saint-Sacrement, a pu empêcher une intrusion dans l’église ou des profanations. Voici quelques lignes du Télégramme, revue laïque de Bretagne, récemment parue :

« Ils voulaient ‘défendre’ des ‘valeurs anticléricales’ en s’en prenant à l’église Saint-Pie-X à Vannes. Ils devront finalement méditer leurs gestes d’ici le 1er juin prochain, date de leur comparution devant le tribunal correctionnel de Vannes… À l’issue d’une soirée bien arrosée passée chez l’un d’eux, trois étudiants et un employé ont pris la direction de l’église, le siège d’une des paroisses de Vannes. Équipés d’une bombe de peinture rouge, ils auraient dégradé l’édifice d’une dizaine de tags par le biais d’insultes. La police les a interpellés vers 1h30 du matin, alors qu’ils se dirigeaient vers le centre-ville… Ce sont des fidèles pratiquant «l’adoration perpétuelle» dans une chapelle de cette église qui ont averti la police des méfaits en cours à l’extérieur de l’édifice… » (letelegramme.com, Morbihan, 6 avril 2011).

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