St Alphonse de Liguori (1696-1787)

Alphonse-Marie de Liguori était napolitain. Il se fit prêtre et exerça la charge épiscopale pour annoncer l’amour du Christ. Prédicateur infatigable, confesseur plein de bonté, il fonda la Congrégation du Saint Rédempteur en vue d’évangéliser les campagnes (1732). Son enseignement de moraliste et ses écrits spirituels eurent une large audience.

Sûrement, cette dévotion à la présence réelle est de toutes, après la réception des sacrements, la plus parfaite, la plus chère à Dieu et la plus utile aux âmes. Nulle hésitation, âme pieuse : embrassez-la vous aussi. Vous arrachant au commerce des hommes, passez désormais chaque jour, dans une église, un peu de votre temps, une demi-heure au moins ou un quart d’heure, à converser avec Jésus-Christ.

Goûtez et voyez combien le Seigneur est doux. (Ps 33:9) Oui faites cette expérience et vous verrez quel profit vous en reviendra. Les instants que vous emploierez à vous entretenir dévotement avec Jésus-Hostie seront, croyez-le, les plus précieux de votre vie, les plus consolants à l’heure de votre mort et les plus féconds à l’heure de votre éternité. Peut-être gagnerez-vous plus en un quart d’heure d’oraison devant le Saint-Sacrement que dans tous les autres exercices de piété de la journée. Dieu, sans doute nous exauce en quelque lieu qu’on le supplie car il l’a promis : Demandez et vous recevrez ; mais comme l’enseigne le livre du Disciple, c’est au tabernacle et en faveur de qui le visite que Jésus dispense ses grâces avec le plus de libéralité.

Oh ! comme Jésus-Christ sait mieux consoler une âme qui se recueille en sa présence que ne ferait le monde avec toutes ses fêtes et ses distractions ! Si délicieux sont les moments passés au pied de l’autel lorsque l’âme, remplie de foi et de tendre dévotion, s’entretient familièrement avec Jésus-Christ qui est là tout exprès pour écouter et pour exaucer ! On lui demande pardon des fautes du passé, on lui expose ses misères comme à un ami comme à un ami qui inspire entière confiance, on sollicite ses grâces, son amour, son ciel et ce sont là autant de joies intimes. Et n’est-ce pas déjà un peu de paradis que de laisser jaillir de son cœur des actes multipliés d’amour envers ce divin Maître que, dans l’Hostie sainte, ne cesse de prier son Père pour les hommes et brûle pour nous des feux de la plus ardente charité, de cette charité qui le retient captif sur nos autels et lui fait accepter de vivre sous les voiles eucharistiques, inconnu et trop souvent, hélas, méprisé ? Mais à quoi bon tant discourir ? Goûtez et vous verrez.

O mon Dieu, mon seul amour véritable, qu’aurais-tu pu faire de plus pour gagner mon amour ? Ce n’était pas assez que tu meures pour moi, tu as institué le Saint-Sacrement pour devenir ma nourriture, afin que tu te donnes entièrement à moi, qui suis ta créature. O amour infini ! Un Dieu qui se donne à moi, entièrement! O mon Dieu, infiniment adorable, je t’aime par-dessus tout, de tout mon cœur… Dans la communion, tu te donnes entièrement à moi ; et désormais, je me donne entièrement à toi.